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Voir la version complète : Près de 150 millions d'Africains menacés par la crise alimentaire, selon la BAD


tiziri15
03/05/2008, 14h14
Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Daniel Kaberuka, a annoncé vendredi soir à Tunis que son institution avait décidé d'engager un milliard de dollars supplémentaire pour venir en aide aux pays africains les plus menacés par la crise alimentaire mondiale.La banque africaine a ciblé 12 pays comme étant les plus menacés dans le continent, dont ceux sortant de conflits ou dépendant fortement des importations, tels que le Liberia, la Gambie, la Guinée-Bissau, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, Djibouti et même l'Egypte.

Ce montant vient s'ajouter à un porte feuille de 3,8 milliards de dollars consacré par la BAD depuis juillet dernier à la promotion du secteur agricole en Afrique, a précisé le Rwandais Kaberuka, qui s'adressait à la presse à l'issue d'un conseil d'administration consacré à cette crise.

Selon lui, près de 150 millions de personnes "courent des risques très sérieux" en Afrique du fait de cette crise, notamment les populations pauvres des zones urbaines et rurales, les mères et les enfants en bas âge et les personnes vivant avec le VIH/Sida.
Il a estimé à environ 35,8 millions de tonnes métriques le déficit de denrées alimentaires en Afrique.

L'aide annoncée, également destinée aux pays dont les balances de paiement sont en difficulté, fait partie d'un train de mesures prises par le conseil d'administration de la BAD, qui a décidé de dégager environ 250 millions de dollars à titre de décaissements rapides pour l'achat des intrants et engrais.

Outre la "réorientation d'une part importante de son portefeuille d'infrastructure pour dynamiser les investissements dans les systèmes d'irrigation", la BAD entend "accélérer les activités visant à réduire les pertes post-récoltes évaluées à 40% des récoltes en Afrique, une réduction de 10% pouvant engranger cinq millions de tonnes supplémentaires de céréales".

Selon Daniel Kaberuka, les signes de la crise ont commencé à se manifester depuis deux ans. Mais "le choc" a été provoqué cette année par la sécheresse qui a sévi en Australie et l'interdiction faite par certains pays producteurs tels que la Thaïlande et le Vietnam d'empêcher les exportations de céréales, notamment le blé et le riz et aggravé par les fonds spéculatifs.
Tout en rendant hommage aux pays qui ont annoncé des aides d'urgence pour aider les pays affectés dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon, il a exhorté les pays ayant interdit les exportations "à ne plus faire obstacle au libre jeu du marché".

AP - Vendredi 2 mai