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Libre08
12/07/2008, 12h34
Retour à "l'industrie industrialisante" des années 70 ? Presque. Fort de ses revenus pétroliers inégalés, l'Algérie se rééquipe et exige désormais qu'un "projet de coopération industrielle" accompagne chaque grand contrat. Pas évident pour les entreprises étrangères, qui voient les négociations considérablement rallongées et complexifiées. En discussion depuis plus d'un an avec DCNS, l'ex-DCN (Direction des constructions navales), le contrat de vente de frégates européennes multi-mission Fremm à l'Algérie porte entre autres sur le redéveloppement des chantiers navals au port militaire de Mers El Kebir. Conscient de l'enjeu, le gouvernement fait jouer à fond la concurrence britannique, italienne et allemande… Les Britanniques devraient ainsi conclure un accord de coopération militaire avec Alger à la rentrée, à l'instar de ce qu'a signé le premier ministre François Fillon il y a peu. Rien n'est donc acquis pour DCNS. Même scénario pour le contrat d'achat d'hélicoptères (14 EC725 et 10 EC635) en cours de négociation entre Eurocopter et le ministère algérien de la défense. Le draft de l'accord est quasiment finalisé (il est maintenant question de négocier le volet "munitions"), mais l'aéronauticien doit encore présenter, le 19 juillet, son "projet de coopération industrielle" aux autorités. Très exigeantes, celles-ci ont demandé la fourniture de services MRO (Maintenance Repair & Overhaul), l'implantation locale d'unités de manufacture et d'assemblage de certains équipements, l'accès aux marchés d'exportation et l'application de l'accord de coopération industrielle sur le premier lot d'hélicoptères ! Une commande de 48 appareils supplémentaires est en effet à la clé. Après les bateaux et les hélicoptères, quels seront les nouveaux pôles de coopération industrielle ? L'automobile ? La résidence El Mouradia n'a toujours pas digéré la décision de Renault, l'été dernier, d'implanter son complexe géant d'assemblage à Tanger, au Maroc. Le ministre de l'industrie Abdelhamid Temmar se démène actuellement pour mettre en place un tel projet sur le territoire algérien avec un partenaire étranger.