gordons125
03/08/2007, 18h27
"Une bombe a explosé. Le kamikaze est un certain Baaziz. Une bombe de chant, de danse et d’humour décapant.
Il a une voix écorchée, chaleureuse et tendre, qu’il sait utiliser dans tous les registres. Un physique de jeune premier, malgré ses cinquante ans, plutôt bien portés, avec jean, baskets et pull marin. Guitare-blues, clarinette et harmonica, Baaziz est un vrai homme orchestre. Il chante, c’est sa vocation première, mais il sait aussi danser, imiter, raconter des blagues, railler l’accoutrement de ses musiciens qu’il traite comme de vieux potes avec une tendresse sincère… Baaziz aime aussi interpeller son public, l’amuser par de bons mots, le provoquer même, se faisant tour à tour cabotin, conteur public, chroniqueur social, tournant en dérision les tares de sa société, de cette Algérie qu’il aime, mais d’un amour acide, implacable, ne souffrant aucun partage. Cette Algérie dont il chante les heurs et malheurs, les blessures et les joies, et dont il sait exprimer l’âme profonde avec des mots où fusent des sentiments contradictoires, entre amour et haine, tendresse et sarcasme, désir de vie et angoisse de mort. Avec une riche palette de sons, mélangeant le «chaâbi», le folklore Chaoui, le chant kabyle, le blues, voire le country, Baaziz produit un chant dont la modernité se ressource dans une sève qui fleure bon le terroir
Le charme de cet artiste algérien, inclassable et atypique, réside dans sa simplicité, sa manière de parler des choses graves mais avec beaucoup de détachement et de légèreté.
Chanteur engagé, certes, mais pas ennuyeux ni pesant. Son engagement est d’abord une manière d’émancipation, de rejet de toute forme d’enfermement dans un style ou un discours normatif, normalisé, formaté. D’où la part importante laissée dans ses spectacles à l’improvisation, aux jeux de rôle, aux imitations. Son tour de chant est une sorte de revue d’effectifs. Tout le monde y passe: Cheb Khaled chantant sa «haïcha» (traduire: idiote), Cheb Mami, Rabeh Deriassa, Faudel, Zidane, Ali Belhaj, le chef islamiste aujourd’hui rentré dans les rangs, Khalida Massoûdi ex-opposante de gauche bombardée ministre de la Culture, Boutaflika, les généraux, les trabendistes, les hitistes, les terroristes, les kamikazes, les émigrés et même la star academy Maghreb… Bref, toute la mythologie d’une Algérie qui se cherche, entre amour et violence, passé et avenir, désir de liberté et chaînes de la tradition… Une Algérie qui vit, qui vibre, qui chante, qui danse et qui n’a pas peur de se regarder dans un miroir, le miroir que lui tend l’un de ses enfants, l’un des plus terribles, Baaziz, auteur, compositeur, chanteur, homme de spectacle, de tous les spectacles, que les Tunisiens gagneraient beaucoup à connaître."
Spectacle Baaziz " seul et mal accompagné" à ne pas râter à sidi dhaher de soussse le 17 et 18 Août 2007
avis personnel : j'ai vu ce spectacle à paris et je le raterai pour rien au monde pour une deuxième vision.
Il a une voix écorchée, chaleureuse et tendre, qu’il sait utiliser dans tous les registres. Un physique de jeune premier, malgré ses cinquante ans, plutôt bien portés, avec jean, baskets et pull marin. Guitare-blues, clarinette et harmonica, Baaziz est un vrai homme orchestre. Il chante, c’est sa vocation première, mais il sait aussi danser, imiter, raconter des blagues, railler l’accoutrement de ses musiciens qu’il traite comme de vieux potes avec une tendresse sincère… Baaziz aime aussi interpeller son public, l’amuser par de bons mots, le provoquer même, se faisant tour à tour cabotin, conteur public, chroniqueur social, tournant en dérision les tares de sa société, de cette Algérie qu’il aime, mais d’un amour acide, implacable, ne souffrant aucun partage. Cette Algérie dont il chante les heurs et malheurs, les blessures et les joies, et dont il sait exprimer l’âme profonde avec des mots où fusent des sentiments contradictoires, entre amour et haine, tendresse et sarcasme, désir de vie et angoisse de mort. Avec une riche palette de sons, mélangeant le «chaâbi», le folklore Chaoui, le chant kabyle, le blues, voire le country, Baaziz produit un chant dont la modernité se ressource dans une sève qui fleure bon le terroir
Le charme de cet artiste algérien, inclassable et atypique, réside dans sa simplicité, sa manière de parler des choses graves mais avec beaucoup de détachement et de légèreté.
Chanteur engagé, certes, mais pas ennuyeux ni pesant. Son engagement est d’abord une manière d’émancipation, de rejet de toute forme d’enfermement dans un style ou un discours normatif, normalisé, formaté. D’où la part importante laissée dans ses spectacles à l’improvisation, aux jeux de rôle, aux imitations. Son tour de chant est une sorte de revue d’effectifs. Tout le monde y passe: Cheb Khaled chantant sa «haïcha» (traduire: idiote), Cheb Mami, Rabeh Deriassa, Faudel, Zidane, Ali Belhaj, le chef islamiste aujourd’hui rentré dans les rangs, Khalida Massoûdi ex-opposante de gauche bombardée ministre de la Culture, Boutaflika, les généraux, les trabendistes, les hitistes, les terroristes, les kamikazes, les émigrés et même la star academy Maghreb… Bref, toute la mythologie d’une Algérie qui se cherche, entre amour et violence, passé et avenir, désir de liberté et chaînes de la tradition… Une Algérie qui vit, qui vibre, qui chante, qui danse et qui n’a pas peur de se regarder dans un miroir, le miroir que lui tend l’un de ses enfants, l’un des plus terribles, Baaziz, auteur, compositeur, chanteur, homme de spectacle, de tous les spectacles, que les Tunisiens gagneraient beaucoup à connaître."
Spectacle Baaziz " seul et mal accompagné" à ne pas râter à sidi dhaher de soussse le 17 et 18 Août 2007
avis personnel : j'ai vu ce spectacle à paris et je le raterai pour rien au monde pour une deuxième vision.