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Voir la version complète : Origine des arts des arabes


Libre08
19/07/2008, 12h13
Il suffit de jeter un coup d’œil sur un monument appartenant à une époque avancée de la civilisation arabe, tel qu'un palais ou mosquée, ou simplement sur un objet quelconque, un encrier, un poignard, la reliure d'un coran, pour constater que ces oeuvres d'art sont tellement caractéristiques qu'il n'y a jamais d'erreur possible sur leur origine. Grands ou petits, les produits divers du travail arabe n'ont aucune parenté visible avec les productions d'aucun autre peuple. Leur originalité est évidente et complète.

Il en est tout autrement si, au lieu d'examiner les oeuvres des Arabes à l'époque culminante de leur civilisation, nous les étudions à ses débuts. On reconnaît alors qu'elles possèdent une parenté manifeste avec les arts persans et byzantins qui les ont précédées.

De cette parenté des productions primitives des arts arabes avec celles de certains peuples de l'Orient, beaucoup d'auteurs concluent aujourd'hui que les Arabes n'eurent pas d'art original. Il est clair cependant qu'avant d'être arrivés à produire des œuvres personnelles, tous les peuples ont profité des travaux faits avant eux. Comme l'a dit justement Pascal : « Toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme le même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. » Chaque génération profite d'abord du trésor accumulé par celles qui l'ont précédée, puis, si elle en est capable, l'accroît à son tour.

Aucun peuple n'a échappé à cette loi, et on ne s'expliquerait pas qu'un seul eût pu s'y soustraire. À l'époque bien récente encore où les origines de la civilisation grecque étaient complètement inconnues, on considérait comme certain qu'elle ne devait rien à d'autres peuples ; mais une science plus avancée a prouvé que l'art grec avait eu ses sources chez les Assyriens et les Égyptiens. Ces derniers ont fait sans doute eux-mêmes des emprunts à d'autres peuples plus anciens, et si la plupart des anneaux de la chaîne qui nous relie aux origines de l'humanité n'étaient pas perdus, nous remon¬terions graduellement sans doute à ces lointaines époques de la pierre taillée, où l'homme se différenciait à peine des races animales qui l'avaient précédé.

Arabes, Grecs, Romains, Phéniciens, Hébreux, etc., tous les peuples, en un mot, ont profité du passé ; et à moins de condamner chaque génération à d'éternels recom¬mencements, il ne saurait en être autrement. Chaque peuple emprunte d'abord à ceux venus avant lui et ne fait qu'ajouter à ce qu'il a reçu d'eux. Les Grecs empruntèrent d'abord aux Égyptiens et aux Assyriens, et transformèrent, par des additions succes¬sives, les connaissances qu'ils n'avaient pas créées. Les Romains empruntèrent à la Grèce ; mais, bien moins artistes que leurs maîtres, ils ajoutèrent peu au trésor dont ils disposaient, et ne firent guère qu'imprimer à leurs oeuvres d'art ce caractère de majestueuse grandeur qui semble un reflet de leur imposant empire. Lorsque le siège de leur puissance fut transféré à Byzance, l'art se modifia par suite d'additions nou¬velles destinées à le mettre en rapport avec les sentiments de races nouvelles. À l'influence gréco-romaine vint s'ajouter celle des Orientaux ; et, de cette fusion résulta bientôt l'art particulier auquel on a donné le nom de byzantin.

Quand les Barbares s'emparèrent de l'Occident, ils profitèrent à leur tour des éléments laissés par la civilisation latine, mais en leur faisant également subir les modifications en rapport avec leurs besoins et leurs croyances. Le style latin, mélangé d'influences byzantines et barbares, devint en Occident le style roman, qui, par des transformations graduelles, engendra lui-même le style gothique du moyen âge. Lorsqu'au quinzième siècle, les progrès, les richesses et l'instruction eurent trans¬formé les idées et les sentiments, l'art se modifia encore, on revint au style de l'antiquité gréco-latine, mais en l'adaptant aux nécessites de milieu et l'architecture de la Renaissance se manifesta. L'art continuant à évoluer, nous le voyons devenir majestueux et lourd sous Louis XIV, maniéré sous Louis XV, égalitaire et banal dans les temps modernes.

Dans cette énumération des grandes époques qui se sont succédé dans l'histoire de l'architecture depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, l'influence du passé se retrouve toujours. En faudrait-il conclure qu'aucune de ces époques n'eut d'art original ? Personne ne voudrait le soutenir. Il ne faut donc pas soutenir davantage que les Arabes n'eurent pas d'art original, parce qu'ils empruntèrent les premiers éléments de leurs œuvres aux nations qui les avaient précédés.

La véritable originalité d'un peuple se révèle dans la rapidité avec laquelle il sait transformer les matériaux qu'il a entre les mains, pour les adapter à ses besoins et créer ainsi un art nouveau. Aucun peuple n'a dépassé, à ce point de vue, les Arabes. Leur esprit inventif se montre des leurs premiers monuments : la mosquée de Cordoue par exemple. Ils eurent bientôt suggéré, en effet, aux artistes étrangers qu'ils employaient, les combinaisons nouvelles les plus ingénieuses. À Cordoue, les colonnes d'anciens temples qu'ils avaient entre les mains étant trop courtes pour que le plafond eût une hauteur en rapport avec les vastes dimensions du monument, ils superposent ces colonnes, et masquent l'artifice par des combinaisons d'arcades des plus habiles. Mettez des Turcs à la place des Arabes, et jamais idée semblable n'eût germé dans leurs épaisses cervelles.

Il n'y a qu'à parcourir les gravures de cet ouvrage pour être fixé sur l'originalité et la valeur artistique des productions arabes. Ces qualités ont frappé tous les peuples qui leur ont succédé, et depuis leur apparition sur la scène du monde, tout l'Orient n'a fait que les imiter, comme l'Occident imita et imite encore les Grecs et les Romains.

Ils les ont imités et c'est dans ces imitations même que nous pouvons saisir la différence profonde qui sépare l'art original de celui qui ne l'est pas. Les peuples qui remplacèrent les Arabes se trouvèrent, suivant les pays, en présence d'éléments byzantins, arabes, hindous, persans, etc., fort différents. Ils arrivèrent à superposer ces éléments variés, mais furent toujours impuissants à en tirer aucune combinaison nouvelle. Dans un monument mongol de l'Inde, on peut toujours dire : telle partie est persane, telle autre hindoue, telle autre arabe. De même, dans tous les monuments élevés par les Turcs, les éléments d'arts antérieurs y sont superposés, mais jamais combinés. Dans les monuments arabes, tels que les palais de l'Espagne, ou les mos¬quées du Caire, les éléments primitifs se sont au contraire transformés en combinaisons si nouvelles, qu'il est impossible de dire d'où elles dérivent.

Nous touchons du doigt maintenant ce qui constitue le tempérament original d'une race. Quels que soient les éléments qu'on lui mette dans les mains, elle saura leur imprimer son cachet personnel. On peut mettre de l'art et de l'originalité dans la construction d'une écurie ou la confection d'une paire de bottes. On peut être capable de copier dix fois de suite la mosquée de Sainte-Sophie, comme l'ont fait les Turcs à Constantinople, y superposer quelques motifs de décoration persane ou arabe, et être totalement dépourvu cependant d'originalité artistique.

Gustave le bon

miouze
21/07/2008, 04h51
les arabes en toujours volès ce quils leurs appartiens pas.
avicene est devenu ibn sina:D.
les plus grand scientifique du moyen orients sont les perses.
dailleurs en le vois de nos jours,si ya pas le petrole et les recette de la mecques ou les gens se font depouillè pour gangner un visa au paradis en visitant la maison de dieu,ca sera comme le yemen ou ya rien.
regardez les perses:eek:

Libre08
21/07/2008, 20h37
On comprend généralement sous le titre de beaux-arts la peinture, la sculpture, l'architecture et la musique, et sous celui d'arts industriels les produits de l'application des beaux-arts à une certaine catégorie d'œuvres d'utilité générale reproduites par des procédés plus ou moins mécaniques.

La valeur de ce terme d'arts industriels est assurément très discutable n'ayant pas à l'apprécier ici, je me bornerai à rappeler qu'on comprend habituellement sous cette qualification la céramique, la verrerie artistique, la mosaïque, le travail du bois et des métaux (ébénisterie, damasquinerie, orfèvrerie, etc.).

Au point de vue de la civilisation, l'étude des produits de l'art industriel est aussi importante peut-être que celle des beaux-arts proprement dits. Dans les objets mobiliers les plus insignifiants on peut trouver bien des détails relatifs à la vie intime d'un peuple, et apprécier en même temps les connaissances artistiques et les besoins de ceux qui les créèrent ou en firent usage.

Chez les Arabes, l'art se retrouve partout. La marque de bois d'un boulanger, un seau à puiser de l'eau, un vulgaire couteau de cuisine ont chez eux un aspect gracieux qui révèle à quel point le sens artistique était répandu chez les moindres artisans. L'art est indépendant de ses applications ; il peut se manifester aussi bien dans la con¬fection d'un objet rare et coûteux que dans celle de l'objet le plus vulgaire.

Faute de documents suffisants, l'étude des arts arabes à laquelle est consacré ce chapitre sera malheureusement fort incomplète. Malgré tout l'intérêt qu'elle présen¬terait, l'histoire de leurs origines et de leurs transformations successives n'a encore tenté personne.

Les plus importantes des œuvres d'art laissées par les Arabes sont leurs monu¬ments. Ces derniers étant assez nombreux, nous pourrons, dans notre prochain chapitre, esquisser une histoire de leur architecture. La réunion des matériaux qui permettraient de retracer celle des autres arts qu'ils ont pratiqués avec tant de succès eût exigé trop de recherches coûteuses pour que nous ayons pu la pousser bien loin, et nous avons dû nous attacher principalement dans nos voyages à l'étude des monu¬ments. Nous nous bornerons donc dans ce chapitre à des indications générales, sans pouvoir montrer, comme nous le ferons pour l'architecture, la série de transformations qui se sont opérées dans chaque art, d'une époque à l'autre.

Peinture. - Il est généralement admis que les musulmans se sont toujours interdit les représentations figurées de la divinité et des êtres vivants. Le Coran, ou du moins les commentaires du Coran, font porter, en effet, cette proscription par le prophète.

Ce n'est, en réalité, qu'assez tard que les mahométans attachèrent de l'importance à cette interdiction. Pendant longtemps, ils n'y firent pas plus attention qu'aux défen¬ses de jouer aux échecs, de boire dans des vases d'or ou d'argent, etc., qui figurent également dans le livre sacré.

Les khalifes furent les premiers à transgresser la défense de représenter des êtres animés. Les reproductions de monnaies qui figurent dans cet ouvrage prouvent qu'ils n'hésitaient pas à se faire représenter sur leurs monnaies.

Les figures représentées sur des monnaies, ou celles assez nombreuses encore qu'on rencontre sur des vases arabes, fournissent d'utiles indications sur l'aptitude des Arabes en dessin, mais ne nous disent rien de ce que pouvaient être leur connaissance en peinture. Nous ne pouvons les apprécier que par les récits de leurs historiens. C'est uniquement par eux que nous savons qu'il y eut plusieurs écoles de peintres arabes. Le très exact historien Makrisi avait même composé une biographie des peintres musulmans. Il rapporte que lorsqu'en 460 de l'hégire, on pilla le palais du khalife Mostanser, on y trouva mille pièces d'étoffes sur lesquelles étaient représentée la suite des khalifes arabes, avec des guerriers et des hommes célèbres. Les tentures, formées d'étoffes d'or, de soie et de velours, étaient couvertes de peintures représentant des figures d'hommes et d'animaux de toutes sortes.

Les récits de Makrisi donnent une bonne opinion de l'habileté des peintres arabes du Caire au dixième siècle de notre ère. Il parle de deux almées, l'une, drapée de voi¬les blancs et peinte sur fond noir, qui semblait s'enfoncer dans la muraille sur laquelle elle était représentée. L'autre, drapée de rouge et peinte sur fond jaune, semblait s'avancer au contraire vers les spectateurs. Les peintres de cette époque devaient fort bien connaître toutes les ressources de la perspective, à en juger par la description que donne le même Makrisi d'un escalier peint dans l'intérieur d'un palais du Caire et qui produisait l'illusion d'un escalier véritable. Beaucoup de manuscrits arabes, principa¬lement ceux traitant d'histoire naturelle, d'éducation du cheval, etc., contiennent des figures. Il existe encore plusieurs anciens manuscrits des séances de Hariri, illustrés par des Arabes. Casiri donne la description d'un manuscrit de l'Escurial du douzième siècle, où se trouvent une quarantaine de figures de rois arabes et persans, reines, généraux, grands personnages, etc.

Tous les visiteurs de l'Alhambra savent que sur le plafond de la salle du jugement se trouvent des peintures représentant divers sujets, tels que des chefs arabes en conseil, la lutte victorieuse d'un chevalier maure contre un chevalier chrétien, etc. ; mais on n'est pas d'accord sur leur origine. M. Lavoix n'hésite pas à affirmer cependant qu'une partie au moins est sûrement d'origine arabe. L'étude que nous avons faite de ces peintures ne nous a pas donné une haute idée du talent artistique de leur auteur.

Ce n'est pas d'ailleurs avec des données aussi insuffisantes qu'il serait possible de porter un jugement sur les peintres arabes. On peut plus facilement apprécier leur remarquable talent de dessinateurs par les animaux et les personnages représentés sur leurs manuscrits ou gravés sur leur métal.

Les êtres vivants représentés dans les dessins arabes sont souvent noyés dans des inscriptions et arabesques. Il arrive même quelquefois que les lettres arabes sont formées par des combinaisons d'animaux et de personnages placés dans des situations bizarres. La bibliothèque nationale de Paris possède une coupe du treizième siècle, sur les bords extérieurs de laquelle court une frise dont nous avons donné un frag¬ment, et qui, par la combinaison des personnages, forme une légende en caractères arabes.

Le plus connu des vases arabes à personnages est celui qualifié de Baptistère de saint Louis, existant au Louvre, et qui servit longtemps au baptême des enfants de France. On le supposait autrefois rapporté des croisades par saint Louis. M. de Longpérier a prouvé qu'il remontait au treizième siècle. Les fleurs de lys qui y figurent ont dû être ajoutées du treizième au quatorzième siècle. Je ferai remarquer d'ailleurs que la fleur de lys, ou du moins un emblème qui y ressemble beaucoup, se trouve fréquemment parmi les ornements des monuments arabes de l'Égypte.

À partir d'une certaine époque, variable suivant les pays, les figures d'êtres animés disparaissent complètement des oeuvres des musulmans. Le parti des docteurs de la loi qui voulaient s'en tenir à la lettre du Coran l'ayant emporté, il fallait se soumettre à leurs exigences.

Les peuples qui adoptèrent l'islamisme, tels que les Perses et les Mongols, se sont très peu souciés des défenses du Coran qui ne leur convenaient pas. En Perse, notamment, on trouve beaucoup de représentations d'êtres animés ; celle de fleurs et d'animaux sont assez bonnes, bien que toujours un peu fantaisistes, mais celles des êtres humains sont généralement médiocres.