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kais
06/08/2007, 04h27
La nouvelle du contrat d'achat d'armes françaises (400 millions de dollars en tout) par la Libye a ravivé en France la controverse sur les circonstances dans lesquelles la libération des cinq infirmières bulgares et de leur co-détenu palestinien a été obtenue, la semaine dernière.

Les six détenus ont été libérés après la visite en Libye de l'épouse du président français, Cecilia.

Au lendemain de leur libération, le président s'est lui-même rendu en Libye, où il a ssigné des accords de coopération dans les domaines du commerce et de la santé.

Depuis, l'opposition socialiste n'a eu de cesse de demander des éclaircissements sur la nature des accords passés avec les Libyens.

C'est le fils du dirigeant libyen qui, dans un entretien au quotidien "Le Monde", daté du 2 août, a été le premier à donner des détails sur l'accord.

Saïf El Islam a déclaré que cet accord de vente d'armes a été pendant longtemps au coeur des négociations entre la Libye et la France.

Un peu plus tard, des responsables libyens ont apporté plus de détails, affirmant que Tripoli avait accepté d'acheter à la France des missiles antichars Milan, de même que des systèmes de communication radio commercialisés par des filiales d'EADS, le géant européen de l'aérospatiale et de la défense.

Pour le premier secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande, les conditions dans lesquelles la nouvelle a été rendue publique sont en soi suspectes.

"Comment pouvons-nous tolérer, dans une démocratie, qu'un accord de vente d'armes soit annoncé par le fils de Kaddafi ?" s'est-il interrogé vendredi dans une interview à l'Agence France Presse.

François Hollande a affirmé avoir interrogé les ministères des Affaires étrangères et de la Défense, sur la nature de ces accords. Ces derniers lui auraient répondu qu'ils n'en savaient rien.

Le dirigeant socialiste a appelé à la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur les négociations entre la Libye et la France.

Une telle commission doit "faire le clair sur ce qui est de l'ordre de l'accord commercial et ce qui est de l'ordre d'une négociation avec un pays qui a détenu des otages pendant huit ans et essayé d'en jouer sur la scène internationale", a déclaré le premier secrétaire du parti socialiste, avant d'ajouter : "Dans une démocratie comme la nôtre, la transparence doit être la règle."

Doutes

Le porte-parole de Nicolas Sarkozy, David Martinon, a de nouveau nié que le sort des infirmières bulgares ait joué le moindre rôle dans les négociations entre les deux pays.

De son côté, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a déclaré que cette vente d'armes était négociée depuis des mois et avait reçu "l'accord de principe" d'une commission interministérielle française dès février 2007, sois trois mois avant l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy.

Mais le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, André Vallini, a déclarait que ces explications ne le satisfaisaient pas.

Tout ça commence à ressembler à une affaire d'Etat. J'espère que cela ne va pas apparaître comme un mensonge d'Etat.

BBC