PDA

Voir la version complète : Les discussions à l'OMC


Libre08
26/07/2008, 14h58
Les discussions à l'OMC prolongées jusqu'à mercredi

GENEVE (Reuters) - Les discussions sur la libéralisation des échanges entre les membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) ont été prolongées jusqu'à mercredi, indique un diplomate.
Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a annoncé la nouvelle en personne aux émissaires des pays membres, a-t-il été précisé de même source.

Les négociations devaient initialement s'achever samedi.

Les ministres d'une trentaine de pays examinent à l'heure actuelle un texte élaboré par Lamy et destiné à sauver le cycle de Doha, entamé en 2001. En cas d'échec, les négociations pourraient durer encore plusieurs années.

Libre08
31/07/2008, 01h30
Ce n'est pas la fin du monde. " Le commentaire de la secrétaire d'État au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, après l'échec, mardi à Genève, des négociations de l'OMC, a quelque chose de pathétique. D'abord, parce qu'il est vrai ! Les 153 pays membres de cette organisation ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur de nouvelles règles du jeu pour le commerce mondial. Cela faisait pourtant sept ans, depuis 2001, qu'ils négociaient. Il s'agissait, alors, au lendemain des attentats du 11 septembre, de s'assurer que les échanges mondiaux continueraient à se développer. L'histoire n'est pas finie pour autant. Les négociations pourraient reprendre, après les élections américaines notamment. On a connu d'autres " cycles " de ce genre - l'Uruguay round par exemple - qui ont surmonté bien des rebondissements aussi, qui ont duré plus de sept ans parfois. L'absence d'accord, depuis 2001, n'a pas empêché ensuite le commerce mondial de se développer, d'exploser même. La preuve que, avec ou sans l'OMC, les affaires continuent. Ce n'est donc pas la fin du monde, c'est vrai. Ce qui est attristant, c'est que la ministre laisse poindre, dans son commentaire, une certaine satisfaction, un ouf de soulagement. L'échec de cette négociation multilatérale est pourtant un signal inquiétant. Le cumul actuel des crises financière, énergétique et alimentaire conduit partout dans le monde au repli sur soi. Il alimente, aux États-Unis comme au Venezuela ou en Russie, une montée des pressions protectionnistes. On oublie parfois que ce n'est pas le krach boursier de 29 qui a précipité la planète dans la dépression mais les mesures de protection des marchés nationaux adoptées à l'époque pour y faire face. L'échec de Genève est en réalité un signal catastrophique. Il risque de favoriser la reconstitution de citadelles et autres forteresses dans l'économie mondiale. À l'origine de cet échec, il y a l'OMC, il y a un système devenu pervers. Cette organisation prétend obtenir un accord unanime entre 153 pays sur des sujets aussi différents et complexes que le commerce de la banane, les droits de douane sur l'auto ou les licences pour assureurs. " Qui trop embrasse mal étreint", dit le dicton. Qui trop prétend couvrir ne parvient à rien. Il faudra finir par s'y résoudre : l'approche " globalisante " de l'OMC est inopérante. Il faut y renoncer. L'échec de Genève, ce n'est pas la " fin du monde ", ce devrait être au moins la " fin d'un monde ", celui de l'OMC et de ses trop grandes ambitions

Libre08
03/08/2008, 13h29
OMC: après l'échec de Genève, peu de progrès en vue avant 2009

L'échec des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) cette semaine à Genève a probablement reporté à 2009 toute avancée dans la libéralisation des échanges commerciaux, même si certains pays demandent une reprise rapide des discussions.

Pour le prix Nobel d'économie et professeur à l'université de Columbia Joseph Stiglitz "les pourparlers ne pourront reprendre qu'après les élections américaines", d'autant qu'il est "difficile de négocier un accord quand le chômage augmente" et que l'économie faiblit.

Un avis partagé par Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS. "On va attendre l'arrivée de la prochaine administration américaine".

L'Inde, poids lourd de l'OMC, devrait organiser des élections fin 2008.

Certains pays ne cachent pas leur satisfaction de voir le cycle de Doha paralysé, à l'instar de l'Italie. Elle a fait partie d'un groupe de 9 pays européens, dont la France et l'Irlande, qui jugeaient que l'Europe avait lâché trop de lest par rapport à ses partenaires commerciaux.

Le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier a lui suggéré d'ouvrir les discussions sur les produits agricoles, qu'il qualifie d'"actifs stratégiques", vers d'autres institutions, comme l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ou le Fonds monétaire international (FMI).

Un argument typiquement "protectionniste", pour Elie Cohen.

Joseph Stiglitz ajoute qu'il est difficile de déplacer les négociations vers d'autres instances, malgré leur complexité: "En ayant beaucoup de sujets réunis dans un même forum, il est plus aisé de trouver des compromis".

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays aurait été l'un des principaux bénéficiaires d'un nouvel accord de libéralisation du commerce, suggère lui d'organiser une réunion de chefs d'Etat pour apporter une "solution politique" au cycle de Doha, amorcé en 2001.

Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a de son côté appelé à une reprise dès cet automne des discussions, un avis que partage l'Allemagne.

Le directeur général de l'OMC Pascal Lamy a affirmé vendredi que des réunions étaient "actuellement en cours (à Genève) sur la clause de sauvegarde sur laquelle ont buté les négociations", appelant à dépasser cet "obstacle technique".

Un haut fonctionnaire de l'OMC jugeait toutefois "pratiquement impossible de conclure les négociations avant la fin de l'année" et estimant que l'objectif était désormais d'"avancer pour pouvoir présenter un paquet ficelé à la nouvelle administration américaine ainsi qu'à l'Inde après les élections".

Elie Cohen s'attend entre-temps à la multiplication des conventions bilatérales ou régionales, comme le souhaite notamment la Commission nationale d'agriculture du Brésil. Elles ont largement augmenté depuis l'Uruguay Round, le cycle de négociations ayant précédé celui de Doha. Mais ce type d'accord complique le commerce mondial et risque de défavoriser les pays les plus faibles, argumente M. Cohen.

La paralysie actuelle de l'OMC ne devrait cependant pas porter un coup fatal au commerce international, qui s'est "formidablement développé depuis l'Uruguay Round, avec une croissance de 6% par an", poursuit-il. "Les accords déjà en place protègent contre les dérapages. Nous espérions surtout des progrès", renchérit M. Stiglitz.

Principalement pour les pays en développement. Les producteurs de coton africains du C4 (Mali, Bénin, Burkina Faso et Tchad) espéraient une baisse des subventions chinoises et américaines sur le coton et sont repartis sans l'amorce d'une négociation.

Leur industrie, qui fait vivre 20 millions de personnes, est aujourd'hui menacée de disparition.