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Libre08
26/07/2008, 19h29
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007


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Libre08
26/07/2008, 19h30
Polémique BHL, Guaino : le discours de Dakar

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Libre08
26/07/2008, 19h33
Voilà un article qui nous ressort encore cette histoire sur la figure!

Un an près le discours de Dakar, Henri Guaino persiste et signe

«L'homme africain est entré dans l'histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier?», réaffirme le conseiller spécial de Sarkozy.

Il y a un an le conseiller spécial du chef de l'Etat Henri Guaino créait la polémique en écrivant dans le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar que le «drame» de l'Afrique, c'était que «l'homme africain» n'était «pas assez» entré dans l'histoire. Dans le colonnes du Monde daté de dimanche, Henri Guaino réaffirme ses propos: «L'homme africain est entré dans l'histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier?»
«Revenons un instant sur le passage qui a déchaîné tant de passions et qui dit que "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire". Nulle part il n'est dit que les Africains n'ont pas d'histoire. Tout le monde en a une. Mais le rapport à l'histoire n'est pas le même d'une époque à une autre, d'une civilisation à l'autre», affirme le conseiller de Nicolas Sarkozy.

«Dans les sociétés paysannes, le temps cyclique l'emporte sur le temps linéaire, qui est celui de l'histoire. Dans les sociétés modernes, c'est l'inverse», ajoute-t-il.

«L'homme moderne est angoissé par une histoire dont il est l'acteur et dont il ne connaît pas la suite. Cette conception du temps qui se déploie dans la durée et dans une direction, c'est Rome et le judaïsme qui l'ont expérimentée les premiers. Puis il a fallu des millénaires pour que l'Occident invente l'idéologie du progrès», poursuit le conseiller du Président, qui convoque à l'appui de sa thèse le philosophe Emmanuel Mounier et l'historien Fernand Braudel.

«Cela ne veut pas dire que dans toutes les autres formes de civilisation il n'y a pas eu des progrès, des inventions cumulatives. Mais l'idéologie du progrès telle que nous la connaissons est propre à l'héritage des Lumières.»

Le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy avait été vivement critiqué, notamment par le philosophe Bernard-Henri Lévy et par Abdoulaye Wade, qui l'avait jugé «inacceptable».

source de liberation.fr

Libre08
04/08/2008, 12h13
Après les réactions d'Henri Guaino, discuter du discours de Dakar
On peut convenir avec Henri Guaino que les propos tenus par le président de la République lors de la cérémonie du 10 mai commémorant l’esclavage et célébrant son abolition ont été les plus efficaces et les plus fermes jamais prononcés pour enraciner ce passé tragique dans une mémoire commune à tous les Français.

On peut également s’accorder à considérer qu’il est imprudent de dégainer l’accusation de racisme à tout bout de champ. Si j’aimais le procédé du télescopage tant pratiqué par Plantu, je dirais que ni Nicolas Sarkozy ni Henri Guaino ne ressemblent à Siné, et que c’est tant mieux.

Il n’en reste pas moins que la phrase du discours de Dakar incriminée (« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ») demeure inacceptable.

Grâce à nous, ils découvraient « leur tour la liberté, le progrès, la justice »

Du point de vue des sciences sociales, la simple idée que des sociétés n’entrent pas dans l’Histoire n’a tout simplement aucun sens. Autrement dit, une histoire qui enregistre des changements de rythme lent n’est pas moins « dans l’Histoire » qu’une société qui est
traversée de transformations rapides. Dans une tribune récemment publiée, Henri Guaino a montré qu’il a du goût pour la confrontation idéologique. Il y précise que ce passage du discours de Dakar n’est pas une reprise d’un thème central de la philosophie de l’histoire de Hegel selon lequel certaines sociétés, ayant découvert les principes de la rationalité, occupent une place singulière parmi les autres sociétés, qui sont appelées à rejoindre plus tard le groupe de tête.

Il n’est en effet pas besoin de remonter à l’hegelianisme, d’autant que cette idéologie est devenue le symbole d’une conception hiérarchique du « rôle civilisateur » de l’Occident.

Une autre source, plus immédiate dans le contexte d’un mouvement politique d’inspiration gaulliste, n’est autre que le général De Gaulle lui-même. Dans le discours qu’il prononce en 1947 en hommage à Félix Eboué récemment décédé, Charles De Gaulle évoque l’Empire français en ces termes :

« Grâce à nous des peuples de toutes les races humaines, naguère plongées pour la plupart dans cette torpeur millénaire où l’Histoire ne s’écrit même pas, découvraient à leur tour la liberté, le progrès, la justice. »

Ce précédent semble plus directement lié au passage incriminé du discours de Dakar. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit de remarques qui relèvent du jugement de valeur, sans doute pas racistes, mais certainement pas plus recevables par les historiens que par les anthropologues. C’est bien à une représentation idéologique que l’on a affaire.

On peut chercher à comprendre l’intention idéologique, donc. Elle a sans doute moins partie liée avec l’Afrique, qu’avec le désir intérieur français d’en finir avec des références politiques jugées irrecevables. Le double langage des présidents Mitterrand et Chirac à l’égard de l’Afrique appelait un effet de rupture.

Le conseiller du Président ne m’a pas convaincu

Sortir de la complaisance pouvait prendre différentes formes. L’une aurait été de mettre en difficulté les alliés éternels et peu présentables, à commencer par le président Omar Bongo. L’autre possibilité était de morigéner les Africains comme une façon de dire
qu’on ne la fait pas à Nicolas Sarkozy et que les résultats de la démocratisation se font attendre. En faisant grief à l‘ »homme africain » des retards constatés sur la voie du plein développement, on épargne, du moins publiquement, la mise en accusation des prospères dirigeants francophones d’Afrique propriétaires d’appartements dans le Paris huppé ou dans les Alpes-Maritimes.

Comment ne pas interpréter le ton de reproche du discours de Dakar comme le complément du déplacement de Jean-Marie Bockel de la Coopération vers les Anciens Combattants, après moins d’un an d’exercice ? La rupture, sans doute, mais le sort de Jean-Marie Bockel ne se situe-t-il pas dans la parfaite continuité de celui de Jean-Pierre Cot, un quart de siècle plus tôt ? Les plus âgés se souviendront que ce ministre de la Coopération fut écarté par François Mitterrand en raison de sa volonté d’en finir avec les complaisances du système connu sous le nom générique de « Françafrique ».

L’accusation de racisme est un réflexe. C’est fâcheux parce qu’on a tort de galvauder une accusation aussi grave. Mais le discours de Dakar appelle des réponses sur le terrain qu’Henri Guaino a choisi: l’idéologie politique. Sans oublier le fonctionnement réel de la politique française dans ses relations à l’Afrique. Sur ces deux plans, le plaidoyer du conseiller du président de la République ne m’a pas convaincu.





Post Scriptum qui n’a rien à voir. La Fnac Montaparnasse, rue de Rennes à Paris, a naguère rouvert ses portes. Le troisième étage s’honore d’un très beau panneau de roman français, comme il en existe peu. Mais après la lettre Z, Emile Zola, le roman français s’arrête et commence un panneau consacré au roman des Antilles. Zadie Smith, Naipaul ? Non pas : Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Edouard Glissant ! Tous citoyens
français, tous écrivains français, mais pas auteurs de romans français. Précisons qu’en Grande-Bretagne il ne viendrait à l’esprit d’aucun libraire de classer Zadie Smith et Naipaul ailleurs qu’en littérature anglaise. Alors, la Fnac, raciste ? Ou simplement hors de l’histoire ?