A la veille de l'organisation par Reporters sans frontières d'une «cybermanifestation» à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, le site internet de RSF a été victime jeudi d'une attaque virale.
«Des hackers ont réussi à s'introduire au sein de l'administration du site de RSF pour mettre un virus à retardement qui peut contaminer les ordinateurs qui s'y connectent. Il s'agit d'un fichier malveillant qui s'introduit dans les ordinateurs de ceux qui consultent le site», a expliqué RSF.
Lorsqu'ils se connectent au site, certains internautes reçoivent un message de leur antivirus les mettant en garde contre la présence d'un virus.
«On sait que ce fichier se fait passer pour un virus, mais on ne sait pas s'il s'agit d'un vrai virus. C'est un des meilleurs moyens de dissuader les gens de se connecter pour la cybermanifestation de vendredi», a indiqué RSF. «L'adresse du virus indique qu'il vient de Taïwan, mais ce n'est pas sûr du tout. De bons hackers peuvent la falsifier.»
Source : liberation
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a piraté vendredi matin une fréquence FM à Pékin pour évoquer la liberté d'expression en Chine, douze heures pile avant l'ouverture des Jeux olympiques. Les stations de radio FM sont très contrôlées en Chine, mais RSF dit avoir réussi à diffuser clandestinement son programme "grâce à des émetteurs FM miniaturisés et à des antennes mobiles".
"Bienvenue à la radio sans frontières à Pékin, une station radio créée par l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières pour vous informer sur la liberté d'expression en Chine", a lâché une voix féminine en anglais, sur fond de musique chinoise traditionnelle. Ensuite Robert Ménard, secrétaire général de RSF, a lu un message en français, doublé en anglais puis en chinois. Il a expliqué qu'au "pays de la censure", cette diffusion d'une vingtaine de minutes était "le plus beau pied de nez aux autorités chinoises qui détiennent encore des dizaines et des dizaines de journalistes et d'internautes en prison".
"Première station non étatique diffusée en Chine depuis l'arrivée du Parti communiste au pouvoir"
"Malgré tout, il y a des gens qui vont pouvoir faire entendre ce que vous ne voulez pas que l'on entende, en plein coeur de Pékin (...) Vous nous avez interdit d'aller à Pékin, vous nous avez mis dehors de la Chine. Malgré tout, on est là et on se fait entendre, pacifiquement, de manière totalement non violente. C'est une façon de dire : la censure, cela ne marche pas." Des témoignages de plusieurs défenseurs chinois des droits de l'homme réfugiés à l'étranger ont ensuite été diffusés en mandarin.
Robert Ménard a lancé un appel aux autorités chinoises à libérer les prisonniers d'opinion et à cesser de brouiller les fréquences des radios internationales émettant en chinois. "C'est dans un esprit de résistance au contrôle des médias que Reporters sans frontières a conçu et organisé cette action", a-t-il fait savoir dans un communiqué. L'organisation s'est targuée d'avoir ainsi créé brièvement la "seule station libre FM de Chine" et la "première station non étatique diffusée en Chine depuis l'arrivée du Parti communiste au pouvoir en 1949". "Seules les radios internationales en chinois qui émettent en ondes courtes pourraient briser ce monopole de l'information, mais elles sont brouillées par les autorités", a souligné RSF.
RSF, dont le rassemblement devant l'ambassade de Chine à Paris a été interdit, appelle à manifester à 13 heures avenue des Champs-Élysées à hauteur du Fouquet's, où Nicolas Sarkozy a organisé une réception le soir de son élection à la présidence. "Nous sommes juste hors du périmètre" fixé par la préfecture de police pour l'interdiction des manifestations, a indiqué Robert Ménard, en précisant que RSF n'avait pas demandé de nouvelle autorisation de manifester à la préfecture.
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