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Libre08
12/08/2008, 23h15
Les cours du pétrole restent orientés à la baisse malgré l'annonce de la fermeture d'un oléoduc et d'un gazoduc dans le Caucase. A New York, le baril a clôturé à 113,01 dollars. Un plus bas depuis le 15 avril.

Le baril WTI a clôturé à 113,01 dollars, en baisse de 1,44 dollar. C'est son plus bas niveau à la clôture depuis le 15 avril.
L'annonce de la fermeture d'un oléoduc et d'un gazoduc dans le Caucase n'a eu qu'un effet temporaire sur les cours du brut. En hausse à l'ouverture de Wall Street, le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre est depuis reparti très nettement à la baisse, repassant brièvement sous la barre des 113 dollars. Il a finalement clôturé à 113,01 dollars, en baisse de 1,44 dollar par rapport à lundi soir. C'est C'est son plus bas niveau à la clôture depuis le 15 avril.

Pourtant, BP a annoncé ce mardi la fermeture par précaution d'un oléoduc et d'un gazoduc dans le Caucase, en raison du conflit entre la Russie et la Géorgie. La compagnie pétrolière britannique avait déjà fermé la semaine dernière un deuxième oléoduc, après une explosion en territoire turc. Ces trois infrastructures constituent la principale voie de transport du pétrole azéri de la mer Caspienne vers les marchés occidentaux.

Mais le groupe pétrolier a rassuré les marchés ce mardi soir, en indiquant que Le pétrole produit par BP mer Caspienne continue à être acheminé. Et l'annonce de la fin des opérations militaires russes en Géorgie a également contribué à mettre un terme au rebond du pétrole.

Les cours du pétrole ont plongé d'environ 33 dollars depuis le 11 juillet, date de leur dernier record à New York, à 147,27 dollars. "La crainte principale concerne l'économie et la forte chute de la demande", a déclaré Tony Nunan de Mitsubishi Corp à Tokyo, cité par l'Agence France Presse.

Pour nombre d'analystes, la baisse de l'activité économique, qui se généralise, a porté un coup à la demande d'hydrocarbures. Les importations de brut de la Chine, deuxième consommateur mondial, ont par exemple baissé de 7% en juillet, soit le plus fort recul depuis décembre. Par ailleurs, la consommation américaine de pétrole a chuté de 800.000 barils par jour au premier semestre 2008. "Le déclin le plus important depuis 26 ans", selon l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Les prix du baril d'or noir ont également été affectés par le redressement du dollar, monnaie dans laquelle ils sont libellés. Une revalorisation du dollar dissuade, en effet, les investisseurs étrangers, qui se portent souvent à l'achat sur les matières premières pour protéger la valeur de leur portefeuille quand le dollar s'effrite.



latribune.fr

Libre08
13/08/2008, 19h32
Malgré la baisse des cours du baril de brut, les incertitudes géopolitiques et les écarts de croissances entre les principales économies mondiales ne permettent pas de prévoir la fin de la crise pétrolière.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'organe de surveillance du pétrole, il est trop tôt pour annoncer la fin de la crise du pétrole qui s'est abattue l'année dernière sur les marchés énergétiques de la planète. Les cours mondiaux, qui ont chuté de plus de 30 dollars depuis le pic de juillet, ont atteint hier [12 août] leur niveau le plus bas depuis trois mois. D'après l'AIE, les réserves de pétrole seront plus que suffisantes pour satisfaire la demande l'an prochain, qui devrait être légèrement plus forte que prévu.

L'organisation reste cependant prudente et ne veut pas affirmer que le marché est arrivé à un tournant : "Nous hésitons à extrapoler de façon automatique la récente tendance des prix", explique-t-elle.

Quelques heures après la publication du rapport très sobre de l'AIE, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a fait savoir qu'aux Etats-Unis la demande a chuté de 800 000 barils par jour pendant le premier semestre 2008. Il s'agit du plus fort recul enregistré depuis vingt-six ans. L'EIA l'explique par le ralentissement de la croissance économique et la hausse des prix du pétrole. Elle a également revu à la baisse ses prévisions sur la demande américaine de pétrole au troisième trimestre, mais les a relevées pour les trois derniers mois de l'année.

A Paris, l'AIE avait annoncé un peu plus tôt que ses "prévisions, toutes choses égales par ailleurs, suggèrent une détente au niveau des fondamentaux du marché et une hausse potentielle des stocks dans les prochains mois". L'agence a toutefois prévenu que ce scénario est menacé par un certain nombre de facteurs, tels que des perturbations dans l'approvisionnement depuis le Nigeria et l'Azerbaïdjan, des tempêtes dans le Golfe du Mexique et des retards possibles dans les projets pétroliers au Brésil, au Canada et en Russie.

Les menaces que font peser les troubles géopolitiques sur les réserves mondiales de pétrole sont devenues plus flagrantes hier avec la fermeture par BP de l'oléoduc de Bakou-Soupsa, qui alimente le port géorgien de Soupsa, en raison du conflit entre la Géorgie et la Russie. La semaine dernière, l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui passe près de la capitale géorgienne, Tbilissi, et aboutit au port turc de Ceyhan, avait également été fermé après une explosion. Mais l'attentat n'avait aucun lien avec le conflit géorgien et a été revendiqué par les séparatistes kurdes.

L'AIE ajoute que des problèmes politiques pourraient aussi freiner l'augmentation des stocks irakiens et russes et que même si la demande des pays membres de l'OCDE pourrait être plus faible que prévu, les stocks restent dangereusement stables. Par ailleurs, la demande de pays extérieurs à l'OCDE, en particulier la Chine et le Moyen-Orient, pourrait dépasser les estimations. "Si l'on ajoute à cela une attitude vis-à-vis de l'Iran qui n'arrête pas de changer, il est définitivement trop tôt pour annoncer un changement radical dans le marché", insiste l'agence.