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Libre08
07/09/2008, 21h15
Dix ans de Google : de la start-up au géant du Web
A Mountain View, il est probable qu'on sabre le champagne dans la cantine gratuite réservée aux employés. C'est en effet le 7 septembre 1998, il y a tout juste dix ans, que Sergey Brin et Larry Page ont fondé la société Google Inc., avec pour toute mise de départ un chèque de 100.000 dollars signé par le fondateur de Sun. Aujourd'hui, Google affiche une capitalisation boursière de 140 milliards de dollars, règne en maitre incontesté sur la recherche en ligne, et détient dans sa manche suffisamment d'atouts pour inquiéter les ténors historiques de l'univers des technologies de l'information. Âgé de dix ans, le jeune loup aux dents longues, dont la devise historique est « Don't be evil », est aujourd'hui l'un des acteurs majeurs du Web.
Une recherche plus simple... et plus lucrative ?

Un moteur que les moins de vingt ans ne peuvent pas ne pas connaître ? En 1998, le Web n'a pas encore envahi la vie de tous les jours, et les internautes d'alors utilisent pour leurs recherches un moteur baptisé Altavista. Sur les bancs de Stanford, deux jeunes ingénieurs talentueux planchent depuis déjà plusieurs mois à la mise au point d'un algorithme qui serait capable d'analyser les relations qu'entretiennent différentes pages Web entre elles, de façon à déterminer laquelle de ces pages est la mieux à même de répondre à une requête donnée.

A l'aube des années 2000, alors que les internautes plébiscitent déjà les pages épurées et les résultats pertinents retournés par le moteur de recherche Google, la firme commence à engranger des revenus, en reprenant à son compte le concept des liens sponsorisés. Développé courant 1997 par la firme Goto, depuis devenue Overture et rachetée par Yahoo, le lien sponsorisé part du principe qu'une publicité a bien plus de chances de toucher sa cible si elle est en rapport avec les contenus qu'elle accompagne. D'une efficacité redoutable, le lien sponsorisé habille avec succès les pages de résultat de Google, qui décide de l'ouvrir à tous les éditeurs de sites Web de la planète, via le programme AdSense, mais aussi à tous les annonceurs via son corollaire, AdWords. Un calcul ô combien judicieux, puisque Google est de fait devenu l'une des premières régies publicitaires au monde...

La machine trouve son rythme de croisière, et traverse sans coup férir la « bulle Internet ». Alors que d'autres comptent leurs morts, et tentent de se remettre en selle, Google avance : rachat de Blogger (plateforme de blogs), lancement de Froogle (comparateur de prix) ou de la messagerie électronique Gmail, ouverture de filiales à l'international et développement des services de recherche connexes tels que Google News.

Le 19 août 2004, Google change de braquet, et rentre dans la cour des grands à l'occasion d'une des introductions en bourse les plus médiatisées - et les plus soigneusement préparées - de l'histoire. Proposé à 85 dollars, le titre Google s'échange à près de 100 dollars dans la minute qui suit l'ouverture des transactions, au cours d'une journée pourtant morose pour les valeurs américaines. Fin 2007, Google flirte avec des sommets sur lesquels jamais personne n'aurait misé, avec une action à plus de 700 dollars. Sur les douze derniers mois, Google a généré près de 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires, avec un bénéfice net de 4,85 milliards. Ses fondateurs pèsent quant à eux quelque 18,5 milliards de dollars chacun. Dans l'univers informatique, seuls IBM, Microsoft et Apple sont aujourd'hui mieux cotés que Google.

Google fascine... et inquiète

« Ne sois pas mauvais », clamaient Brin et Page. L'implacable machine Google soulève pourtant de nombreuses questions. Utilisé par 80% des internautes américains (85% et plus en France), le moteur se révèle un formidable outil d'analyse statistique : il enregistre en effet au kilomètre le pouls du Web mondial. Bien que le respect de la vie privée soit parfaitement garanti selon Google, d'autres s'inquiètent que le contenu de leur boite de réception Gmail puisse être automatiquement parcouru afin que leur soient proposées des publicités contextuelles et ciblées. « Ne mets pas tous tes oeufs dans le même panier », dit le proverbe... En parallèle, Google n'hésite pas à se plier à la censure du Web en Chine, en rétorquant qu'il vaut mieux fournir un moteur tronqué que pas de moteur du tout.

Numéro un sur le online en termes de recherche comme de publicité, Google ne cesse d'explorer de nouveaux secteurs. Alors que son service de vidéo, Google Video, peine à décoller, la firme n'hésite ainsi pas à poser 1,6 milliard de dollars sur la table pour s'offrir YouTube, qui pourtant ne génère pas les revenus nécessaires au financement de ses pantagruéliques besoins en bande passante, et fait face à de nombreux déboires judiciaires. En parallèle, les Google Ads essaiment du Web vers le papier, ou la radio. Les ambitions de Google paraissent alors sans limite : deviendra-t-il FAI, opérateur mobile, ou instigateur de la reprise de la conquête spatiale puisqu'il collabore avec la NASA ?

Organiser l'information mondiale

De façon plus discrète, Google préparerait-il l'avènement d'un nouvel ordre informatique, dont le navigateur Chrome serait l'un des prémisses ? Fort d'un parc informatique estimé à plus de 500.000 serveurs, Google dispose des moyens lui permettant de faire de la notion de Software as a Service (Saas) une réalité aussi bien pour les entreprises (Google Apps) que pour les particuliers.

Dans cette vision des choses, on fournira à l'internaute un logiciel très simple, lui permettant d'accéder très simplement à un cortège de services en ligne. Celui-ci dispose alors de fonctionnalités équivalentes à celles d'un logiciel traditionnel, sans avoir à s'acquitter d'onéreux coûts de licence ou à s'encombrer de fastidieux processus d'installation et de mise à jour. Pourquoi acheter une licence Office, ou même télécharger une suite bureautique libre et gratuite, alors que Google Docs est susceptible de répondre à mes besoins ? Microsoft ne s'y est d'ailleurs pas trompé : l'éditeur adresse désormais aux entreprises une stratégie similaire, présentée sous l'appellation « Software + Services ».

Le lancement de Chrome est à n'en pas douter la concrétisation de ces nouvelles ambitions : le principal argument avancé par Google pour en assurer la promotion est la rapidité de son moteur JavaScript. C'est justement sur le langage JavaScript que repose la majeure partie des services dits « Web 2.0 »... Enfin, difficile d'oublier le secteur, promis à un avenir florissant, de la mobilité, sur lequel Google prépare son entrée avec le système d'exploitation Android ! Ne lui manquerait plus finalement qu'un OS destiné au poste informatique... Serait-ce la prochaine étape ?

Libre08
09/09/2008, 19h52
L'opérateur O3b Networks a fait appel à Thales Alenia Space, numéro un européen des systèmes satellitaires. Thales Alenia Space a ainsi débuté la construction de 16 satellites de télécommunications en orbite basse pour O3b Networks. Ce dernier est financé par Google, HSBC Principal Investments et le câblo-opérateur Liberty Global, avec à sa tête le «roi du câble» John Malone. Selon le Financial Times, le projet représente un investissement de 750 millions de dollars. Thales Alenia Space, a indiqué que le contrat comprend également une option sur plusieurs satellites supplémentaires.

Le réseau couvrira l'Afrique, l'Amérique latine, l'Asie et le Proche Orient. Greg Wyler, fondateur et président de O3b Networks, a indiqué que l'accès à l'infrastructure internet est très limité dans ces pays. Le réseau O3b Networks a pour objectif la connection internet des «autres trois milliards de personnes», d'où son nom (other 3B). Selon O3b Networks, le système proposé «va offrir une performance fibre sur satellite à des prix comparables à la fibre dans les régions développées». Les performances devraient être comparables à celles de la fibre optique dans ces régions où il n'est pas possible ou pas viable commercialement de construire un réseau en fibre optique. Il précise que la livraison et la mise en service des satellites auront lieu fin 2010.

Libre08
10/09/2008, 20h54
Depuis cette semaine, grâce à Google, les internautes peuvent consulter librement les archives d'articles de presse issus de publications du monde entier. Ce nouveau service, gratuit, est baptisé Google News Archives.

Encore limité en terme de catalogue, le moteur de recherche promet d'élargir les contenus disponibles, « de la gazette locale aux grands quotidiens nationaux », s'engage-t-il sur son blog.

Quelques événements historiques sont présents : une recherche sur le premier alunissage en 1969 (photo) présente la couverture du quotidien Pittsburgh Post-Gazette. Autre exemple, la localisation de l'épave du Titanic (publié le 16 août 1980).

Google a noué des partenariats avec les éditeurs pour numériser leurs archives papier, ou récupérer leurs archives déjà au format électronique, comme c'est le cas du New York Times. L'entreprise s'est également rapprochée d'agrégateurs d'archives numérisées.

Pour l'heure, les requêtes lancées n'aboutissent en grande majorité que pour des publications en langue anglaise. Celles en langue française ne sont pas antérieures aux années 1980, et concernent essentiellement des articles payants. Aucune précision pour l'instant sur les accords prévus dans l'Hexagone avec les organes de presse.