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Voir la version complète : Tamazight ou le souk des mères


gladiator
13/08/2007, 19h58
Le tigre ne revendique pas sa tigritude, il bondit sur sa proie"
(Wole Soyinka)

Tamazight est habituée à être incarcérée dans des préjugés indécrottable. Dupes sont ceux qui pensent arriver à arracher sa reconnaissance à coups d'arguments. Le pouvoir lutte contre son éclipse en disant une chose et son contraire. les tentatives d'ajournement du règlement de cette question sont pures manoeuvres qui ne trompent personne. De même le faux débat sur l'institutionnalisation ou la constitutionnalisation de Tamazight est bon foin pour benêts baveux, car le parlement est aussi illégitime que la constitution est depuis longtemps bafouée, à commencer par l'agrément anticonstitutionnel d'un parti religieux.

L'audace d'une rupture tient à cette exigence d'épuration radicale aussi bien des rentiers du pétrole que de ceux d'Allah, dont l'alliance objective se manifeste jour après jour : quand les premiers musèlent la presse, les seconds l'attendent en kalach sur le palier, quand les premiers codifient la femme, les seconds la passent à l'Opinel, quand les premiers méprisent une langue, les seconds s'attaquent à ses leviers.

Tamazight se heurte à un autre blocage, et non des moindres. Il y a, en effet, une bonne partie d'Algériens, intellectuels compris, qui font la sourde oreille, et se réfugient, dans ce cas d'espèce, dans le mutisme, quand ils n'imitent pas l'âne de Buridan (1). Ils doivent sortir de cette position confortable de tolérance (2), prebdre à bras-le-corps la revendication de Tamazight, et s'approprier ainsi de droit cette langue en l'originant non dans un quelconque fief poltico-régional, mais dans le plus profond humus de la nation algérienne, dans l'odeur, la couleur et le sang de sa terre.

D'aucuns, par ailleurs, justifient leur molesse (3) au motif que Tamazight n'est pas prête à être opérationnelle. cette façon de considérer la langue d'un point de vue fonctionnel et bureaucratique pèche par l'ignorance de la symbolique que charrie une langue. Il y a dans l'expression langue maternelle les termes langue et mère (femme), c'est-à-dire les deux arêtes vives du déficit démocratique en Algérie, les deux mamelles dont l'Algérie est sevrée depuis plus d'un millénaire. Et toutes les deux ne pourraient souffrir de négociation.

Qui n'a pas encore compris que la sympathie à l'égard de cette langue est maternelle et non viscérale? La mère n'est pas une loi, une marchandise à dédouaner qui se prête à la négociation. Qui peut accepter de négocier sa mère? Qui donc officie dans ce souk des mères?
Que ces entêtés du non à Tamazight interrogent leurs mères, qu'ils aillent, à la goulée, taquiner le téton des deux mains! Qu'ils halètent d'allaitement. Ils sauront au sevrage la langue du servage. Qu'ils lisent dans la noire blancheur de cette année l'étouffement du phonème premier, la syllabe tordue par les mains griffues des clones du FLN. Qu'ils sachent aussi que si, comme on le lit ça et là, l'ardeur de certains héros de Tamazight s'émousse, c'est parce que leurs enfants redoublent de férocité, ceux-là même qu'ils portaient sur les épaules au printemps quatre-vingts : "xas iruh wabâdh /xas yella winfan /ar da akren wiyad/ ad assen admen imukan" (Muhya/Idir)

A chaque fois que j'interroge la pierre du seuil qu'épouse le pied de l'enfant sevré, à chaque fois que je caresse la poutre centrale qui tient tremblotente le toit qu'il ne succombe, à chaque fois que j'invoque l'exil intérieur de ma langue, vouée au mépris des proxénètes du symbole, me taraude la crainte d'une trahison que suscite l'abandon d'une mère aux chiens lubriques.
Alors je fais le erment de combattre bec et ongles tout pouvoir, issu de quelque tendance que ce soit, qui ne reconnaisse pas Tamazight langue nationale et officielle (4). Ou j'accepte de traîner ma mère, à la laisse qu'on daigne m'pctroyer, au souk des trahisons.

(1). Rappelons que l'âne de Buridan, tiraillé par la faim et la soif, et se trouvant à égale distance d'une botte de foin et d'un sceau d'eau, mourut d'hésitation (le foin ou l'eau?).
(2). C'est Claudel, si je ne me trompe, qui dit en substance que "la tolérance, il y a des maisons pour ça".
(3). Il est curieux qu'il n'y ait aucune initiative, de pétition nationale à ce sujet, du moins à ma connaissance.
(4). Pour ne pas perdre la formidable mobilisation autour du boycott, pourquoi ne pas proposer une minute quotidienne de silence, jusqu'à la reconnaissance officielle et nationale?

Par: achour ouamara

Halima
15/08/2007, 03h32
Bonjour Gladiator,

J'ai pense qu'on a finalement regle le probleme de Tamazight en Algérie? Maintenant on peut l'enseigner à l'école ce qui n'était pas le cas il y a quelques années.

A l'université de tizi-ouzou, il y a une branche pour le master en Tamazight.

Et meme les prenoms berberes qui etaient interdits avant, maintenant c'est permis. Je vois de plus en plus de parents appeler leurs enfants avec des prénoms berbères.

Donc je ne vois pas ou est le probleme maintenant?

Bonne journée Gladiator!

gladiator
15/08/2007, 20h35
Le probléme qui se pose Halima, est le nombre immense de personnes, qui, au lieu de voir la réalité en face, ils reprenent les avis et opinions de certains fondateurs de l'arabo islamobaathisme , et vous nous les balancer en plein geule...quotidiennement!

Tamazight n'est toujours pas une langue officielle. elle a été constitutionnalisée en 2002 , elle est enseignée en KABYLIE seulement, c'est á dire, jamais le meme statut que l'arabe, qui est enseignée dans tt le territoire national et qu'on le veuille ou pas....pire le francais qui est une langue étrangére posséde un meilleur statut que tamazight....

Maintenant la solution que propose Atika, te fera peut etre plaisir: Il dit que pour enseigner Tamazight dans tt le pays, et puis l'officialiser, on devra la soumettre á un referandum...quel connerie!! Demandez aux Algeriens, s'ils veulent reconnaitre tamazight ou pas, meme si celle si, est la langue la plus ancienne au pays, et meme si celle si est la vraie langue officielle du pays, elle l'a toujours été d'ailleurs, jusqu'á récement.....l'invasion arabe en 747.



Atika= bouteflika= nouveau president de l'ancien et toujours meme Systeme.


qui n'avance pas recule

Halima
17/08/2007, 08h14
Et bien Gladiator, je ne savais pas tout ça! Je pensais qu'elle avait été officialiée. Il faut dire que je ne suis pas beaucoup au courant des nouvelles chez nous malgré que j'y habite. Je m'occupe plus de mes petits soucis quotidiens.

Atika, je me demandais qui était cette jeune fille qui fait des propositions sur Tamazight. Joli prénom.

Apparemment le combat est dur pour Tamazight mais ça ne donne pas beaucoup de résultats. Il doit y avoir des choses qui sont mal faites, plus d'organisation de la part de ceux qui luttent pour sa reconnaissance?

En tout cas, bon courage. Le Kabyle est aussi ma langue maternelle. Et quelle honte que je ne sais pas du tout comment l'écrire ou la lire. Même pas l'alphabet, même pas une lettre!

Ça serait intéressant si quelqu'un pouvait poster l'alphabet Tamazight (Tifinagh?) sur ce forum. J'aimerais bien apprendre à écrire mon propre prénom.

Bonne journée Gladiator.