fares
21/08/2007, 01h31
RECHERCHE: Une première dans le monde - Un chercheur algérien en physique réalise un télescope à miroir liquide
L'étudiant algérien Omar Seddiki qui s'est confié à El Moudjahid a réussi à trouver une combinaison de matériaux permettant de fabriquer un télescope à miroir liquide différent des télescopes actuels (conventionnels), dotés de miroir primaire, rapporte la revue britannique Nature dans sa dernière livraison. Cette combinaison de matériaux permet de fabriquer un miroir (astronomique) liquide doté à la fois d'un haut pouvoir réfléchissant et de propriétés lui permettant de fonctionner même dans le difficile environnement lunaire, selon la même source.
Un télescope à miroir liquide présente plusieurs avantages pratiques et économiques par rapport aux télescopes conventionnels dans la mesure où un tel observatoire lunaire pourrait livrer des informations inédites sur l'origine de l'univers.
Cette découverte est une de première en ionique.
“Je suis conscient que je n'aurai jamais eu l'occasion de travailler dans un projet pareil, et d'avoir le privilège de mener cette carrière, si quelque part en 1954 tout un peuple n'avait consenti à des sacrifices énormes pour nous libérer d'une occupation sauvage et barbare. Je tiens à remercier sincèrement et humblement tous ceux qui ont permis l'avènement du 5 juillet 1962.
Je voudrais dédier mon humble travail et mon modeste succès à la mémoire de ma très chère sœur Nassima (Razika) décédée dans le crash du vol de Air Algérie à Tamanrasset en mars 2003, ainsi qu'à tous les gens qui l'accompagnaient, en vous demandant de bien vouloir vous joindre à moi pour prier le Tout-Puissant de leur accorder une place dans Son Vaste Paradis.”
Cette importante découverte honore les chercheurs algériens aussi bien ici, en Algérie, qu'à l'étranger, pouvez-vous nous retracer le parcours scientifique qui vous a permis d'arriver à mettre au point cette technique et en combien de temps ?
“Notre travail de recherche à démarré lorsque le projet de télescope à miroir liquide pour un observatoire lunaire a été soutenu par la NASA Institute for Advanced Concepts, un organisme qui appuie des projets qui sont novateurs dans le domaine de la technologie spatiale susceptibles d'être intégrés aux programmes de la NASA (agence spatiale américaine).
Les conditions d'utilisation sur la Lune, à savoir l'absence d'atmosphère, ne permettaient pas d'utiliser les techniques de fabrication de miroir liquide déjà développée par notre groupe pour les applications terrestres. On a donc opté pour un procédé déjà utilisé pour la métallisation des miroirs de télescope en verre et qui consiste à l'évaporation d'un métal sous vide.
La difficulté résidait dans le fait que ce procédé n'a jamais été essayé sur un liquide. Il fallait donc développer un savoir-faire et des techniques pour l'adapter et trouver le liquide qui pouvait convenir aux conditions extrême de l'environnement lunaire. L'application étant inédite, on a dû faire face à beaucoup de problèmes.
Spécialement, la rareté des données concernant le comportement des liquides soumis à des pressions proches de celle du vide lunaire. De plus les systèmes à vide qu'on utilisait pour reproduire ce vide peuvent facilement être contaminés si le liquide employé n'a pas une pression de vapeur suffisamment faible. Or cette information n'est pas donnée pour tous les liquides.
Au départ, on procédait par essais et erreurs et très vite on a pu franchir un premier palier lorsqu'on a pu déposer une couche d'aluminium sur un polymère liquide hydrophile. Puis une autre étape majeure a été franchie un an après nos premières expériences, et cela lorsqu'on a déposé une mince couche d'argent sur un liquide ionique. Ces liquides sont des solvants qui peuvent être conçus avec un ensemble particulier de propriétés. Ils ne s'évaporent quasiment pas et ils restent liquides à des températures très basses. Ce qui fait d'eux les candidats les plus sérieux pour le projet d'un miroir sur la Lune.
En résumé, après un travail de recherche d'une durée de deux années, nous avons démontré que le projet d'un miroir sur la Lune était faisable en développant le savoir-faire nécessaire et en trouvant la classe de liquide potentiellement utilisable pour le projet.
Nous continuons à travailler pour améliorer notre technique et chercher le liquide ionique idéal pour notre application à savoir celui qui peut rester liquide jusqu'à -130°C qui est la température d'utilisation sur le sol lunaire.”
Quelles sont les retombées pratiques immédiates et à long terme de ce remarquable exploit scientifique ?
Notre travail de recherche a pour objectif la réalisation d'un miroir liquide pour un futur observatoire sur le sol lunaire, ce qui est en réalité un exemple d'application à moyen et à long terme pour la technique que nous avons mis au point, car un observatoire lunaire n'est pas envisageable dans l'immédiat.
J'ignore s'il y aura une application de notre procédé dans un autre domaine que les miroirs liquide, mais en science, on a souvent vu des techniques inventées pour une application donnée trouver un essor spectaculaire non soupçonné par ses inventeurs. D'ailleurs, l'utilisation que nous faisons des liquides ioniques, c'est-à-dire comme étant des liquides support pour un miroir liquide, a été mentionnée dans une revue technique comme une application étonnante pour ces liquides, qui sont à l'origine développé dans le but de remplacer les solvants organiques trop polluants.
Son parcours universitaire
Né le 11 mars 1967 à Alger.
Titulaire du Bac sciences en 1985 au lycée «Fougeroux».
Diplôme d'ingénieur en électronique en 1990 à l'USTHB de Bab-Ezzouar.
“J'ai travaillé pendant 12 ans dans l'industrie, dont 6 ans dans la société SMEI. SMEI était une spécialisée dans la maintenance et le développement de systèmes de contrôle pour l'industrie. Elle a été fondée par Mourad Dérahmoune, Mohamed Challal et moi-même. Ce fut une expérience très enrichissante pour moi sur le plan professionnel et personnel. L'expérience technique, pratique et méthodologique que j'ai accumulée en mettant en œuvre les divers procédés de contrôle en côtoyant ces deux formidables personnes m'a été d'une grande utilité pour faire face aux exigences de mon travail de recherche actuel”.
Installé au Canada en 2003, j'intègre le groupe de recherche des miroirs liquide en 2004, et obtient une maîtrise en physique (magistère) en 2006.
J'achève actuellement un doctorat en physique.
L'étudiant algérien Omar Seddiki qui s'est confié à El Moudjahid a réussi à trouver une combinaison de matériaux permettant de fabriquer un télescope à miroir liquide différent des télescopes actuels (conventionnels), dotés de miroir primaire, rapporte la revue britannique Nature dans sa dernière livraison. Cette combinaison de matériaux permet de fabriquer un miroir (astronomique) liquide doté à la fois d'un haut pouvoir réfléchissant et de propriétés lui permettant de fonctionner même dans le difficile environnement lunaire, selon la même source.
Un télescope à miroir liquide présente plusieurs avantages pratiques et économiques par rapport aux télescopes conventionnels dans la mesure où un tel observatoire lunaire pourrait livrer des informations inédites sur l'origine de l'univers.
Cette découverte est une de première en ionique.
“Je suis conscient que je n'aurai jamais eu l'occasion de travailler dans un projet pareil, et d'avoir le privilège de mener cette carrière, si quelque part en 1954 tout un peuple n'avait consenti à des sacrifices énormes pour nous libérer d'une occupation sauvage et barbare. Je tiens à remercier sincèrement et humblement tous ceux qui ont permis l'avènement du 5 juillet 1962.
Je voudrais dédier mon humble travail et mon modeste succès à la mémoire de ma très chère sœur Nassima (Razika) décédée dans le crash du vol de Air Algérie à Tamanrasset en mars 2003, ainsi qu'à tous les gens qui l'accompagnaient, en vous demandant de bien vouloir vous joindre à moi pour prier le Tout-Puissant de leur accorder une place dans Son Vaste Paradis.”
Cette importante découverte honore les chercheurs algériens aussi bien ici, en Algérie, qu'à l'étranger, pouvez-vous nous retracer le parcours scientifique qui vous a permis d'arriver à mettre au point cette technique et en combien de temps ?
“Notre travail de recherche à démarré lorsque le projet de télescope à miroir liquide pour un observatoire lunaire a été soutenu par la NASA Institute for Advanced Concepts, un organisme qui appuie des projets qui sont novateurs dans le domaine de la technologie spatiale susceptibles d'être intégrés aux programmes de la NASA (agence spatiale américaine).
Les conditions d'utilisation sur la Lune, à savoir l'absence d'atmosphère, ne permettaient pas d'utiliser les techniques de fabrication de miroir liquide déjà développée par notre groupe pour les applications terrestres. On a donc opté pour un procédé déjà utilisé pour la métallisation des miroirs de télescope en verre et qui consiste à l'évaporation d'un métal sous vide.
La difficulté résidait dans le fait que ce procédé n'a jamais été essayé sur un liquide. Il fallait donc développer un savoir-faire et des techniques pour l'adapter et trouver le liquide qui pouvait convenir aux conditions extrême de l'environnement lunaire. L'application étant inédite, on a dû faire face à beaucoup de problèmes.
Spécialement, la rareté des données concernant le comportement des liquides soumis à des pressions proches de celle du vide lunaire. De plus les systèmes à vide qu'on utilisait pour reproduire ce vide peuvent facilement être contaminés si le liquide employé n'a pas une pression de vapeur suffisamment faible. Or cette information n'est pas donnée pour tous les liquides.
Au départ, on procédait par essais et erreurs et très vite on a pu franchir un premier palier lorsqu'on a pu déposer une couche d'aluminium sur un polymère liquide hydrophile. Puis une autre étape majeure a été franchie un an après nos premières expériences, et cela lorsqu'on a déposé une mince couche d'argent sur un liquide ionique. Ces liquides sont des solvants qui peuvent être conçus avec un ensemble particulier de propriétés. Ils ne s'évaporent quasiment pas et ils restent liquides à des températures très basses. Ce qui fait d'eux les candidats les plus sérieux pour le projet d'un miroir sur la Lune.
En résumé, après un travail de recherche d'une durée de deux années, nous avons démontré que le projet d'un miroir sur la Lune était faisable en développant le savoir-faire nécessaire et en trouvant la classe de liquide potentiellement utilisable pour le projet.
Nous continuons à travailler pour améliorer notre technique et chercher le liquide ionique idéal pour notre application à savoir celui qui peut rester liquide jusqu'à -130°C qui est la température d'utilisation sur le sol lunaire.”
Quelles sont les retombées pratiques immédiates et à long terme de ce remarquable exploit scientifique ?
Notre travail de recherche a pour objectif la réalisation d'un miroir liquide pour un futur observatoire sur le sol lunaire, ce qui est en réalité un exemple d'application à moyen et à long terme pour la technique que nous avons mis au point, car un observatoire lunaire n'est pas envisageable dans l'immédiat.
J'ignore s'il y aura une application de notre procédé dans un autre domaine que les miroirs liquide, mais en science, on a souvent vu des techniques inventées pour une application donnée trouver un essor spectaculaire non soupçonné par ses inventeurs. D'ailleurs, l'utilisation que nous faisons des liquides ioniques, c'est-à-dire comme étant des liquides support pour un miroir liquide, a été mentionnée dans une revue technique comme une application étonnante pour ces liquides, qui sont à l'origine développé dans le but de remplacer les solvants organiques trop polluants.
Son parcours universitaire
Né le 11 mars 1967 à Alger.
Titulaire du Bac sciences en 1985 au lycée «Fougeroux».
Diplôme d'ingénieur en électronique en 1990 à l'USTHB de Bab-Ezzouar.
“J'ai travaillé pendant 12 ans dans l'industrie, dont 6 ans dans la société SMEI. SMEI était une spécialisée dans la maintenance et le développement de systèmes de contrôle pour l'industrie. Elle a été fondée par Mourad Dérahmoune, Mohamed Challal et moi-même. Ce fut une expérience très enrichissante pour moi sur le plan professionnel et personnel. L'expérience technique, pratique et méthodologique que j'ai accumulée en mettant en œuvre les divers procédés de contrôle en côtoyant ces deux formidables personnes m'a été d'une grande utilité pour faire face aux exigences de mon travail de recherche actuel”.
Installé au Canada en 2003, j'intègre le groupe de recherche des miroirs liquide en 2004, et obtient une maîtrise en physique (magistère) en 2006.
J'achève actuellement un doctorat en physique.