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Voir la version complète : Conscience identitaire et idéologie (Kabyle)


alvaz-94
28/10/2008, 14h22
Dans le cas du kabyle (et du berbère en général), la conscience identitaire a constitué une ‘motivation sociale’ pour cette génération d’écrivaine
Il est indéniable que la conscience identitaire berbère a joué un rôle déterminant chez la plupart des auteurs kabyles de ce siècle. Déjà, les poètes du XVIII° et XIX° siècles (de Yusef u Qasi à Si Muhend) ne se reconnaissent que comme kabyles. La Kabylie était indépendante de tout pouvoir extérieur, au moins depuis la fin du XIV° s. et ce jusqu’à la conquête définitive (1857) et surtout après l’écrasement de l’insurrection de 1871. La naissance d’une conscience nationale algérienne au XX° s. n’a pas réduit pour autant la conscience identitaire kabyle, ni même la conscience d’appartenance régionale. Le vocable tamurt n Leqbayel ne se réduit pas à une région repérée sur une carte mais renvoie à une langue, une culture qui sont vécue comme différentes de celles des autres (Arabes, Turcs et Français).

L’exclusion des références à la berbérité dans toutes ses dimensions linguistiques, culturelles et historiques dans le discours nationaliste et dans les textes fondateurs de l’Etat-Nation algérien n’a fait que renforcer la conscience identitaire berbère. Cette dernière se caractérise par le sentiment d’appartenance à une même communauté linguistique, certes fragmentée mais ayant des références culturelles et historiques communes. Cette identité ne se veut pas seulement régionale (kabyle) ou nationale (algérien) mais transnationale c’est à dire nord africaine car partagée avec les autres communautés berbérophones qui s’en réclament (Chleuhs, Rifains, Touaregs, Nefoussis...).

Si cette conscience identitaire se retrouve affirmée chez les militants politiques (A.Imache, O.Bennaï...), nous la retrouvons aussi chez les écrivains et poètes des années postérieures à l’indépendance et même chez les poètes nationalistes tels Yidir Aït Amrane, l’auteur du chant Ekker a mmi-s umaziγ (1945). Elle n’est pas de reste chez les écrivains kabyles de langue française les plus classiques : M. Féraoun, M. Mammeri, J. Amrouche... Et apparaît même sous des formes subtiles dans l’œuvre de T. Djaout alors qu’elle est plus clairement assumée dans les écrits de N. Fares. Certes leurs œuvres ne sont pas réductibles à cette seule référence idéologique, mais elle demeure néanmoins importante et même centrale dans La Traversée de M. Mammeri, par exemple. Chez Taos Amrouche qui a publié tous ses romans en français, cette référence se manifeste sous la forme d’un texte autant polémique que politique : Que fait-on pour la langue berbère ?, publié une première fois dans Le Monde en 1956, avant d’être repris dans Documents nord-africains en 1957.

La berbérité comme référence idéologique des auteurs se retrouve inscrite dans de nombreuses œuvres poétiques surtout à partir des années 1970. Mais elle est plus prépondérante dans le roman. Elle y est citée explicitement dans six des huit romans publiés jusqu’ici sans compter qu’elle l’est aussi dans la nouvelle Lwali n wedrar de Bélaïd At Ali.
D. Abrous (1989) a déjà mis en évidence cette conscience identitaire dans les productions romanesques kabyles. La récurrence de cette conscience chez les écrivains et poètes kabyles quelle que soit leur langue d’expression (kabyle ou français) est, par ailleurs, un des critères d’existence d’un espace littéraire kabyle spécifique telle que défini par D. Merolla dans Espace littéraire kabyle (1996). L’histoire de la constitution de ce dernier et l’analyse des courants qui le traversent restent à faire. Mais il demeure néanmoins comme la seule dénomination permettant de consacrer la littérature écrite par les Kabyles loin des appellations spéculatives ou portant de fortes charges idéologiques que ce soit nationaliste, linguistique... Car après avoir été pris dans un ensemble nommé littérature algérienne de langue et/ou d’expressions : française, berbère... n’a-t-on pas vu Adonis la classer comme littérature arabe d’expression berbère ?

lounanas
28/10/2008, 19h32
bonsoir elvaz. Depuis le décès de Matoub Lounés, il me semble que tout travail visant à emerger l'identité et la culture bérbère s'est arrêté. Merci de reposer le sujet sur la table.:)

alvaz-94
29/10/2008, 10h50
bonsoir elvaz. Depuis le décès de Matoub Lounés, il me semble que tout travail visant à emerger l'identité et la culture bérbère s'est arrêté. Merci de reposer le sujet sur la table.:)azul! lounanas! Merci a toi aussi, Il est de notre devoir de faire quelque chose! pour l'orpheline " La langue" amazigh" elle n'avait personne a part nous les berbères!
Et celui-là qui la refuse il est de notre devoir de le refuser! [lLFAHEM IFHEM, ABHIM ITWEHIM]