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arezki
27/08/2007, 02h55
L’atlantisme de la France se dévoile au grand jour. Avant même d’être élu à la présidence de la République en mai dernier, Nicolas Sarkozy avait donné des gages de son pro-américanisme. Une fois élu, il se surpasse. Par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Paris a ouvertement recommandé le remplacement du chef du gouvernement irakien, Nouri El Maliki. «Beaucoup de gens pensent que le Premier ministre devrait être changé. Mais je ne sais pas si cela va se produire, parce qu’il semble que le président George W. Bush est attaché à M. Maliki. Mais le gouvernement ne fonctionne pas […], le Premier ministre irakien, Nouri El Maliki, doit être remplacé», a lancé hier le chef de la diplomatie française. Etrange déclaration de Bernard Kouchner, alors qu’il a effectué un voyage éclair en Irak le 19 août dernier. Au cours de ses entretiens, le ministre français des Affaires étrangères n’avait à aucun moment laissé transparaître un quelconque manque de confiance à l’égard du Premier ministre irakien. Une fois retourné à Paris, c’est un autre discours qui sera tenu. Le même qu’a asséné hier la probable future présidente des Etats-Unis. Se sentant pousser des ailes dans sa course à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre 2008, Hillary Clinton a, elle aussi, émis des réserves sur la capacité de Nouri El Maliki à surseoir aux difficultés sécuritaires en Irak.
Face à cette kyrielle de critiques, le concerné n’a pas tardé à réagir. «Hillary Clinton et Carl Levin sont des Démocrates et devraient respecter la démocratie. Ils parlent de l’Irak comme s’il s’agissait de leur propre bien», a indiqué sur un ton ombrageux le Premier ministre irakien.
Quant au brûlot de Bernard Kouchner, El Maliki le ressent comme une trahison. «Récemment nous avons reçu le ministre français. Nous étions heureux de sa venue et optimistes, car cette visite marque le début d’une nouvelle relation», affirmait avec amertume le chef fragilisé d’un gouvernement qui l’est autant. Ce sont des excuses en bonne et due forme que réclament les autorités irakiennes après ces critiques virulentes provenant de l’Occident.
Mais Nouri El Maliki devrait se rassurer, ces bouleversements surviennent à l’approche d’échéances cruciales.
Quand Nicolas Sarkozy boucle ses cent jours de présidence en France, Hillary Clinton s’approche des élections primaires de son parti. Ce n’est qu’une question de temps, pour que l’Irak tombe vite dans les oubliettes.

Source : La Tribune