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fares
28/08/2007, 04h57
Mémoires nomades, de Mohamed Kali

Inspirés sans doute des histoires de son enfance, il relate le vécu des petites gens de la paysannerie, laissant défiler sous nos yeux des tentes, qui servent non seulement d’abri ou de campement pour ces gens, mais d’habitations. «Ce passé de prime enfance est couvert d’un épais voile que ne s’explique toujours pas Moumen.

Maintes fois, au cours de confidences échangées, j’ai tenté de l’aider à y voir clair.» Dans son roman écrit dans un style simple, proche du récit et de la chronique, cet ancien instituteur nous parle d’une famille du Sud-Ouest algérien dont le jeune Moumen, le héros principal, incarne les espoirs, mais surtout les malheurs durant la colonisation.

Confronté à la vie nomade dans un contexte colonial particulier au Sahara du fait qu’il n’existe pas une colonie de parlement... Déclaré mort par Slimane (son père) à son lieu de naissance, il est réinscrit, quelque mois après, à Hadraoui.

Moumen est alors livré à lui-même dans un monde qui lui est totalement étranger. La fatalité semble s’acharner contre cet enfant. La loi du regroupement des populations nomades, imposée par le colonisateur, vient une fois de plus perturber la vie de cet enfant.

Le récit de Moumen, c’est le regard d’un enfant qui révèle le quotidien d’une famille en butte à des conditions de vie difficiles, un enfant meurtri par Slimane, son père. Kidnappé par ce dernier à l’âge de six ans, il l’a obligé à mener pendant plusieurs années une vie de nomade, afin de couper toutes les relations qui peuvent le lier à sa mère, répudiée.

Selon les traditions des bédouins, une femme répudiée ne doit plus jamais exister pour son fils. L’écrivain offre, tout au long de son récit, un véritable aveu sur le quotidien d’une vie «bédouine». Ainsi, à travers la vie de Moumen et celle de sa tribu, il va pouvoir reconstituer la vie des bédouins dans les années 1950, à travers leurs relations avec la population française, constituée principalement de militaires.

«Si Ahmed lui recommanda de revenir chez lui et d’aller, selon la coutume, solliciter la protection du caïd et le faire intervenir de sorte à obtenir la libération de Mahdia. En se présentant ensuite chez le lieutenant Roger, Slimane joua à la perfection le rôle de l’abruti, celui du pauvre hère qui, sous la menace d’une arme, avait fourni et de la nourriture et de l’argent aux féroces fellagas.

C’est ainsi qu’au bout d’un mois, le calvaire de la famille allait cesser». Mohamed Kali a publié deux livres : Comment vaincre l’échec scolaire et une monographie, le Théâtre algérien, la fin d’un malentendu. Ces deux publications ont été éditées en 2002 et 2005.

Mohamed Kali a d’autres projets d’écriture. Dans cet ouvrage de 130 pages, à travers le personnage de Moumen, Kali témoigne sur un passé des Algériens durant la période coloniale où l’identité s’étiole sous le poids de la misère et des effets néfastes du colonialisme.

Mémoires nomades est un témoignage sur la douleur des gens.

Jeune Independant