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Voir la version complète : Sarkozy veut mobiliser la société française contre la maladie d'Alzheimer


kamous
03/09/2007, 20h28
Nicolas Sarkozy veut susciter une "mobilisation de la société toute entière" contre la maladie d'Alzheimer. Le chef de l'Etat a installé lundi après-midi la commission chargée de définir d'ici le 1er novembre un plan contre ce fléau.

"Il est de ma responsabilité de faire franchir un pas décisif à notre action collective face à ces maladies et à leurs conséquences", a déclaré M. Sarkozy devant les 11 membres de la commission présidée par le Pr Joël Ménard. Le Premier ministre François Fillon, et les ministres Roselyne Bachelot (Santé), Valérie Pécresse (Recherche), Xavier Bertrand et Valérie Létard (Solidarité), ont participé à cette cérémonie d'installation.

Le chef de l'Etat, qui a fait de la meilleure prise en charge de cette maladie une priorité de sa présidence, a rappelé qu'elle "touche plus de 850.000 personnes en France", avec 225.000 nouveaux cas par an. Le vieillissement de la population en fait un enjeu majeur de santé publique. "Une augmentation de 10 ans de espérance de vie quadruple la probabilité de survenue", a rappelé le président.

Nicolas Sarkozy a donné quatre axes de travail à la commission Ménard. Il a d'abord insisté sur la nécessité de "mieux connaître et diagnostiquer la maladie", souhaitant que ces efforts permettent la découverte d'un traitement et de "changer notre regard" sur la maladie.

Le chef de l'Etat a également demandé à la commission de "concevoir des actions qui améliorent concrètement la qualité globale de la prise en charge de la maladie et de ses conséquences". "Je veux que chacune des personnes touchées puisse être accueillie, soignée et traitée correctement. Je veux que les proches qui en prennent soin soient mieux aidés", a-t-il dit.

En troisième lieu, il a souhaité que la commission porte une "attention particulière" à la "liberté de choix des malades et de leurs familles". Le choix du maintien à domicile devra être respecté "quand il est possible".

Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité d'"accorder la plus grande importance à l'objectif d'intégration de la recherche, des soins et de la prise en charge médico-sociale". "L'intégration recherche-santé-solidarité, ce sera la marque de fabrique du plan Alzheimer", a-t-il lancé.

Sur tous ces aspects, il a réclamé des "mesures opérationnelles, chiffrées, identifiant clairement le responsable de la mise en oeuvre".

Le chef de l'Etat a fixé un calendrier très resserré à la commission, qui devra lui soumettre ses premières orientations pour le 21 septembre, date de la journée mondiale Alzheimer, et son rapport pour le 1er novembre. La mise en oeuvre du plan débutera le 1er janvier, après une phase de dialogue avec les associations de malades et les professionnels. "On ne peut pas dire c'est grave, et on a le temps", a justifié M. Sarkozy.

L'hôte de l'Elysée s'est dit prêt à "assumer toutes les conséquences" du rapport "sur le plan politique comme sur le plan financier". Le plan Alzheimer sera financé par les ressources nouvelles apportées par les franchises médicales, mises en place par le budget de la Sécurité sociale pour 2008. "Nous n'avons pas l'intention de laisser la société française aller vers ce drame sans qu'elle puisse se préparer", a conclu M. Sarkozy.

La volonté présidentielle n'empêche pas les interrogations sur le financement du futur plan. L'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a rappelé lundi la nécessité de "doubler le nombre de professionnels à domicile et en établissement" et demandé que la mise en place de tout financement nouveau "fasse l'objet d'une large concertation" pour éviter les polémiques semblables à celle sur la suppression du lundi de Pentecôte.

AP