abdounadi
09/07/2008, 22h06
Maurice Bouchor — Les Symboles
premiere partie
« Ô prophète roulé dans ton manteau, debout !
Le jour va poindre ; viens, prosterne-toi. C’est l’heure
Où la prière est plus recueillie et meilleure.
Je suis auprès de toi ; j’entends et je vois tout.
« Puis tu t’acquitteras de ton grave message.
Parle à ce peuple avec une puissante voix ;
Instruis-le comme hier, dis les choses vingt fois ;
Révèle et glorifie en termes d’un grand poids
Le Fort, l’Immuable, le Sage.
« Souviens-toi de la nuit où l’ange Gabriel
T’apporta le Coran des profondeurs du ciel :
Il le mit sur !on cœur, et ton cœur devint nôtre.
Que de fois nous t’avons délivré du souci !
Va donc et parle : jusqu’ici
Ton peuple, ô Mohammed, n’avait pas eu d’apôtre.
« Ne sois jamais intimidé
Par le bruit d’une foule aux paroles hardies.
Laisse dire aux méchants, lorsque tu psalmodies :
« Mohammed est un possédé. »
« Que ta sollicitude ombrage de ses ailes
Tes frères les croyants, et non les infidèles !
Chacun répond pour soi. Tu n’es pas leur gardien,
Puisqu’ils refusent de te suivre.
Ah ! quelle fureur les enivre !
Des blasphèmes contre mon livre,
Voilà leur pain quotidien.
« Mais je vois que le cœur de l’apôtre se serre.
Il voudrait que chacun eût une foi sincère :
Et, pendant que l’impie étale un front serein,
Lui, se consume de chagrin.
« Eh bien, parle encore à ces hommes !
Ne hâte point leur châtiment.
Dis-leur, prophète, que nous sommes
Le Pacifique et le Clément.
Va, trouble leur insouciance !
Partage avec eux ta science,
Puisque le Seigneur t’a fait don
D’un livre en langue arabe claire.
S’ils t’écoutent, sois sans colère ;
Pardonne-leur d’un beau pardon.
« Qu’ils ne bouchent point leurs oreilles :
Ils laisseraient passer l’heure du repentir.
Ce n’est pas pour nous divertir
Que nous fîmes tant de merveilles !
Il faut qu’on s’agenouille et qu’on baisse les yeux,
Qu’on nous adore et qu’on nous craigne,
Car nous sommes Celui qui règne
Et qui peut se passer de la terre et des cieux !
« Evitez le sort de l’impie
Qui dans nos frais jardins ne pénétrera pas,
Et qui, loin d’avoir part aux célestes repas,
Sera gorgé d’une eau croupie...
« Je jure par le point du jour
Et par le coucher des étoiles
Que le juste verra mon visage sans voiles
Resplendir de joie et d’amour ! »
to be continued...
premiere partie
« Ô prophète roulé dans ton manteau, debout !
Le jour va poindre ; viens, prosterne-toi. C’est l’heure
Où la prière est plus recueillie et meilleure.
Je suis auprès de toi ; j’entends et je vois tout.
« Puis tu t’acquitteras de ton grave message.
Parle à ce peuple avec une puissante voix ;
Instruis-le comme hier, dis les choses vingt fois ;
Révèle et glorifie en termes d’un grand poids
Le Fort, l’Immuable, le Sage.
« Souviens-toi de la nuit où l’ange Gabriel
T’apporta le Coran des profondeurs du ciel :
Il le mit sur !on cœur, et ton cœur devint nôtre.
Que de fois nous t’avons délivré du souci !
Va donc et parle : jusqu’ici
Ton peuple, ô Mohammed, n’avait pas eu d’apôtre.
« Ne sois jamais intimidé
Par le bruit d’une foule aux paroles hardies.
Laisse dire aux méchants, lorsque tu psalmodies :
« Mohammed est un possédé. »
« Que ta sollicitude ombrage de ses ailes
Tes frères les croyants, et non les infidèles !
Chacun répond pour soi. Tu n’es pas leur gardien,
Puisqu’ils refusent de te suivre.
Ah ! quelle fureur les enivre !
Des blasphèmes contre mon livre,
Voilà leur pain quotidien.
« Mais je vois que le cœur de l’apôtre se serre.
Il voudrait que chacun eût une foi sincère :
Et, pendant que l’impie étale un front serein,
Lui, se consume de chagrin.
« Eh bien, parle encore à ces hommes !
Ne hâte point leur châtiment.
Dis-leur, prophète, que nous sommes
Le Pacifique et le Clément.
Va, trouble leur insouciance !
Partage avec eux ta science,
Puisque le Seigneur t’a fait don
D’un livre en langue arabe claire.
S’ils t’écoutent, sois sans colère ;
Pardonne-leur d’un beau pardon.
« Qu’ils ne bouchent point leurs oreilles :
Ils laisseraient passer l’heure du repentir.
Ce n’est pas pour nous divertir
Que nous fîmes tant de merveilles !
Il faut qu’on s’agenouille et qu’on baisse les yeux,
Qu’on nous adore et qu’on nous craigne,
Car nous sommes Celui qui règne
Et qui peut se passer de la terre et des cieux !
« Evitez le sort de l’impie
Qui dans nos frais jardins ne pénétrera pas,
Et qui, loin d’avoir part aux célestes repas,
Sera gorgé d’une eau croupie...
« Je jure par le point du jour
Et par le coucher des étoiles
Que le juste verra mon visage sans voiles
Resplendir de joie et d’amour ! »
to be continued...