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Voir la version complète : Les épargnants s'inquiètent, les banquiers rassurent


Libre08
04/10/2008, 10h27
Dois-je retirer mon argent ? C'est la question que se posent nombre de déposants ces derniers jours. Mais autant les actionnaires et les créanciers peuvent faire les frais d'une faillite, autant les clients ne risquent pas grand-chose.
Ce n'est pas la panique. Mais plusieurs signes témoignent clairement d'un certain désarroi des déposants français sur la sécurité de leur épargne : les mouvements de retraits brutaux constatés par certains banquiers, l'arrivée de fonds massive vers le Livret A, l'aversion pour les placements adossés aux marchés financiers... Dois-je retirer mon argent ? C'est aussi la question que posent nombre de particuliers sur le site Internet des « Echos », ou en appelant directement la rédaction. Notamment depuis les nationalisations de Fortis et de Dexia, qui ont attesté de la contagion de la crise financière au système bancaire européen.

Autant les actionnaires, voire les créanciers, peuvent faire les frais de ces quasi-faillites, autant les clients, eux, ne risquent pas grand-chose, assurent de concert les pouvoirs publics et les banquiers français. D'abord, parce que les établissements français apparaissent comme parmi les plus solides en Europe avec des ratios de solvabilité confortables, une exposition aux risques limitée et un modèle de développement de banque dite « universelle » reconnu désormais comme le plus résistant - les analystes d'UBS viennent d'écrire une étude de 78 pages pour le louer... Ensuite, même si un grand groupe français se retrouvait en péril, l'Etat viendrait immédiatement à son secours en injectant du capital, comme il l'a fait lundi pour le franco-belge Dexia, ou en supervisant son adossement à une autre banque.

Enfin, en cas de fermeture d'un établissement de taille plus modeste, le déposant ne serait pas lésé car le fonds de garantie des dépôts, créé en 1999, qui dispose aujourd'hui de 1,8 milliard d'euros mais dont les ressources pourraient encore être accrues, indemniserait les déposants (dépôts à vue, livrets, plans épargne logement, etc.) dans des limites (70.000 euros par établissement) couvrant plus de 90 % des particuliers. Les investisseurs seraient couverts par le fonds de garantie des titres pour leurs actions, sicav, instruments financiers à terme, PEA, etc, dans la même limite. L'assurance de personnes ressort quant à elle d'un autre système de garantie (FGAP). Les trois garanties sont cumulables.

Exclusions
Il y a bien sûr des exclusions, notamment pour les succursales de banques étrangères qui sont régies par la législation de la maison mère. Or chaque pays a des mécanismes différents tant dans les délais de remboursement (cinq jours au Danemark, deux mois en France, etc.) que dans ses montants - d'ailleurs en cours de relèvements dans certains d'entre eux la moyenne actuelle étant de 20 000 euros -, et ses calculs, ce qui rend difficile une harmonisation (voir ci-dessous). « On s'oriente vers une clarification des règles au niveau national, notamment sur l'assurance-vie et les titres. Cela prendra plus de temps au niveau européen », estime Jean-Louis Dufloux, directeur général du cabinet de consultant Equinox, pour qui « ces systèmes d'indemnisation répondent surtout à une faillite ponctuelle mais non à un risque systémique qui exige un recours étatique ».