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Plus que la religion, les hommes sont le frein à l’égalité dans l’héritage en Algérie

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  • Plus que la religion, les hommes sont le frein à l’égalité dans l’héritage en Algérie

    En attendant que la loi change, qu’attendent les hommes de bonne foi, surtout les “progressistes” parmi eux, pour faire le premier pas et partager l’héritage équitablement avec leurs soeurs?

    NURPHOTO VIA GETTY IMAGES

    Des femmes brandissent les drapeaux tunisiens et algériens lors d'une manifestation à Tunis pour l'égalité de l'héritage.
    “Lorsque j’ai décidé de céder mes parts de l’héritage à mes soeurs et à ma mère, je l’ai fait en accord total avec ma religion”.

    C’est ainsi que Walid, 50 ans, un Algérien musulman qui se considère comme “profondément croyant” explique un geste que peu d’hommes en Algérie font. Partager équitablement l’héritage laissé par leurs parents avec leurs soeurs.

    Dans son cas, céder et non pas seulement partager équitablement, ses parts à ses soeurs et à sa mère.

    Et pourtant, pour Walid, c’est d’abord sa foi et l’amour qu’il éprouve pour son père qui ont motivé son geste.

    “Je suis profondément croyant et il ne fait pas de doute pour moi que je suis en parfaite harmonie avec ma foi: la loi sur l’héritage en Islam est une loi qui dicte que les hommes doivent soutenir les femmes, pour moi, cela veut avant tout dire un engagement moral des hommes envers les femmes”.

    La loi sur l’héritage en Algérie s’inspire, comme dans beaucoup d’autres pays musulmans, d’un verset coranique qui stipule que la part de la femme en héritage est la moitié de celle de l’homme.

    L’explication commune qui est donnée à ce qui s’apparente, à première vue, à quelque chose de profondément injuste est liée au contexte historique: les femmes étaient à cette époque à la charge financière totale des hommes: leurs pères, maris, frères.

    “Les femmes qu’on héritait devenaient subitement héritières grâce au Coran, c’est un bouleversement socio-économique énorme à cette époque”, explique la juriste et militante féministe Nadia Ait Zai, fondatrice du Centre d’Information et de Documentation sur les Droits de l’Enfant et de la Femme (CIDDEF).


    WIKI COMMONS


    Le centre fondé par Nadia Ait Zai a publié, il y a déjà quelques années, un “Plaidoyer pour une égalité de statut successoral entre homme et femme en Algérie” dans le but est, dit-elle, “d’engager le débat avant tout, pour que les gens s’habituent à ces mots: égalité devant l’héritage, qu’ils ne soient plus choqués, on ne veut surtout pas choquer les gens”.

    Et si le Coran avait “révolutionné la condition de la femme” à cette époque-là, en la faisant subitement passer de statut d’objet que l’on hérite à celui de sujet qui hérite, le contexte historique a évidemment complètement changé: le double des parts dans l’héritage était attribué au frère parce qu’il devait subvenir aux besoins de ses soeurs, mais aujourd’hui en Algérie, “il n’y a aucune obligation légale du frère à prendre en charge financièrement sa soeur”, rappelle Nadia Ait Zai.

    D’ailleurs, ce rôle, explique-t-elle encore, “est maintenant rempli par l’Etat, par le biais de la sécurité sociale: l’Etat s’est substitué au frère, car c’est l’Etat qui prend en charge une fille célibataire dans la famille”. Ce qui revient à dire que “la raison financière qui faisait que le fils héritait de deux parts n’existe plus aujourd’hui”, ajoute Ait Zai.
    Je suis en parfaite harmonie avec ma foi: la loi sur l’héritage en Islam est une loi qui dicte que les hommes doivent soutenir les femmes, pour moi, cela veut avant tout dire un engagement moral des hommes envers les femmes

    La responsabilité financière de l’homme n’étant plus légalement engagée, il ne resterait, d’un point de vue purement religieux ou mystique, qu’une responsabilité morale. Celle-là même invoquée par Walid pour expliquer son geste “en total harmonie avec sa foi”.

    Interrogés sur les moyens légaux auxquels peuvent recourir les parents qui aimeraient contourner l’injustice de cette loi, des avocats, notaires et juristes ont répondu que les seuls recours sont les donations ou les ventes de biens aux héritières avant le décès.

    Dans la majorité des cas, ceux qui ont recours sont, selon les juristes, des pères ou mères de familles qui n’ont enfanté que des filles et qui vivent dans la terreur de “voir arriver des cousins lointains, des oncles voraces, piller le travail de toute une vie et spolier celles qui devraient être leurs justes héritières: leurs filles”.

    Mais combien sont-ils les hommes qui, à l’heure de la fréda, demandent au notaire de faire des arrangements pour que leurs soeurs aient une part d’héritage égale à la leur? Le sujet est tellement sensible ou tabou que, y compris les experts qui nous ont répondu, ont préféré le faire sans être nommés:

    “Lorsque le moment de l’argent sonne, tout le monde veut ses deux parts, y compris les hommes qui se considèrent comme des progressistes”, explique Anissa, une avocate spécialisée dans les questions d’héritage au barreau d’Alger.

    “Tous les cas que j’ai eu personnellement à traiter ont demandé l’application stricte de la charia, même chez les pseudo-modernistes, je n’ai jamais eu de cas où on a demandé le partage égal”, insiste-t-elle.
    Rêvons un peu mes soeurs, d’un “mee-too” masculin algérien, où nos frères les progressistes qui peuplent la sphère virtuelle, armés de hashtags et de bonne volonté, feraient l’engagement public de partager à égalité avec leurs soeurs.

    Evidemment, ces cas existent aussi et des femmes charismatiques comme Sakina, militante féministe et de la défense des droits de l’homme, qui a, elle aussi, préféré que son véritable nom ne soit pas publié, racontent comment son frère lui a cédé, sans la moindre résistance un bien immobilier, “car c’était la volonté de mon père de me protéger ainsi que ma mère”.

    Fawzia, avocate, elle, se souvient de son frère, “plus moderniste que lui tu meurs!”, dit-elle dans un éclat de rire et d’ironie, “il est revenu en courant des Etats-Unis, il n’est pas même croyant pour un sou et alors que mon père nous a élevés comme une famille où l’équité était la règle, il est revenu demander l’application de la charia, il a pris ses deux parts et est reparti”.

    En attendant que la loi change, qu’attendent les hommes de bonne foi, surtout les “progressistes” parmi eux, pour faire le premier pas et partager l’héritage équitablement avec leurs soeurs?

    Rêvons un peu mes soeurs, d’un “mee-too” masculin algérien, où nos frères les progressistes qui peuplent la sphère virtuelle, armés de hashtags et de bonne volonté, feraient l’engagement public de partager à égalité avec leurs soeurs.

    Huff¨Post Algérie
    Iverdan macci yiwen, maca ttawin yak d asawen

  • #2
    Ça c'est chez les kabyles, c'est connu, les femmes n'ont pas le droit de demander l'héritage, sinon elles seront délaissées par leurs frères.

    Commentaire

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