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La face sombre de l’immobilier haut de gamme d’Alger dévoilée par l’affaire Chikhi

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  • La face sombre de l’immobilier haut de gamme d’Alger dévoilée par l’affaire Chikhi

    L’affaire des 701 kilogrammes de cocaïne saisis à Oran, et le coup de projecteur placé sur le principal suspect Kamel Chikhi, ont eu le mérite de rappeler certaines évidences au sujet des méthodes de blanchiment de l’argent sale en Algérie.

    Sans être spécifiques au pays, ces méthodes existent en Algérie et ont été généralisées depuis les vingt dernières années.

    Les 701 kg de cocaïne ont été saisis le 29 mai dernier à bord d’un navire battant pavillon libérien et supposé transporter de la viande importée du Brésil pour le compte de Kamel Chikhi. Connu initialement pour son commerce de viande rouge lui ayant valu le surnom de « Kamel le boucher », Kamel Chikhi s’est également fait un nom en tant que magnat de l’immobilier.

    Ses promotions immobilières à Hydra, Bir Mourad Raïs, Kouba ou encore Ben Aknoun, ont poussé ces dernières années comme des champignons le lendemain de pluie orageuse, et il ne fallait pas être particulièrement perspicace pour se douter du caractère scabreux de sa montée en puissance.

    Les doutes ont finalement été confirmés par son inculpation, mais aussi celle de plusieurs magistrats et de plusieurs personnes d’influence, parmi lesquelles le fils d’un ancien ex-Premier ministre ou encore plusieurs maires et walis.

    Plusieurs des mis en cause seraient en effet soupçonnés de trafic d’influence et de favoritisme. Ils auraient notamment facilité, de façon illégale bien entendu, l’acquisition ou la construction de biens immobiliers par Chikhi.

    Avec la révélation de l’implication du boucher dans le trafic de cocaïne, la floraison des affaires immobilières trouve immédiatement son explication. On comprend ainsi que l’immobilier est utilisé comme vecteur de blanchiment de l’argent de la drogue. Dans les quartiers huppés d’Alger, des bâtiments sont construits au mépris des règles élémentaires d’urbanisme et les logements vendus cash au prix d’or.

    Dans un pays où les notaires acceptent que leurs cabinets servent de dépôt et lieu de transfert d’immenses sommes en liquide lors des transactions immobilières, dans un pays où les parties impliquées ne demandent jamais l’origine des fonds en cash présentés, dans un pays où les notaires ne font pas appliquer la loi obligeant les transactions immobilières à être effectuées par chèque ou transfert, il est naturel que l’argent sale trouve dans l’immobilier un terrain idéal et fertile pour prospérer et s’offrir une pureté nouvelle.

    Le phénomène n’est évidemment pas né avec Kamel Chikhi, ni même avec les barons de la drogue. La hausse vertigineuse des prix du marché immobilier national, surtout dans la capitale, depuis les années 2000, avait coïncidé avec l’entrée en vigueur de la Concorde civile puis de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Celles-ci avaient permis à certains bénéficiaires de sortir de la décennie noire bien plus riches qu’en y étant rentrés. Un enrichissement bâti sur l’argent du racket, des vols, des kidnappings et autres joyeusetés lucratives amnistiées.

    L’argent de la corruption et des détournements, pratiques généralisées en Algérie ces vingt dernières années, a également trouvé un refuge confortable dans l’immobilier où la provenance des fonds n’a jamais semblé susciter l’intérêt de personne.

    Pas même celui des autorités et représentants de l’État, dont l’œil fermé ou la main complice ont grandement contribué à l’essor de la pratique de blanchir l’argent dans l’immobilier. Dans ce domaine, Kamel Chikhi ne pas fait figure d’exception ou de vilain canard. Il est la règle générale, la manifestation publique de l’impunité des barons de l’informel, de l’immobilier et des trafiquants de drogue.


    TSA
    Iverdan macci yiwen, maca ttawin yak d asawen

  • #2
    Envoyé par baouz Voir le message
    L’affaire des 701 kilogrammes de cocaïne saisis à Oran, et le coup de projecteur placé sur le principal suspect Kamel Chikhi, ont eu le mérite de rappeler certaines évidences au sujet des méthodes de blanchiment de l’argent sale en Algérie.

    Sans être spécifiques au pays, ces méthodes existent en Algérie et ont été généralisées depuis les vingt dernières années.

    Les 701 kg de cocaïne ont été saisis le 29 mai dernier à bord d’un navire battant pavillon libérien et supposé transporter de la viande importée du Brésil pour le compte de Kamel Chikhi. Connu initialement pour son commerce de viande rouge lui ayant valu le surnom de « Kamel le boucher », Kamel Chikhi s’est également fait un nom en tant que magnat de l’immobilier.

    Ses promotions immobilières à Hydra, Bir Mourad Raïs, Kouba ou encore Ben Aknoun, ont poussé ces dernières années comme des champignons le lendemain de pluie orageuse, et il ne fallait pas être particulièrement perspicace pour se douter du caractère scabreux de sa montée en puissance.

    Les doutes ont finalement été confirmés par son inculpation, mais aussi celle de plusieurs magistrats et de plusieurs personnes d’influence, parmi lesquelles le fils d’un ancien ex-Premier ministre ou encore plusieurs maires et walis.

    Plusieurs des mis en cause seraient en effet soupçonnés de trafic d’influence et de favoritisme. Ils auraient notamment facilité, de façon illégale bien entendu, l’acquisition ou la construction de biens immobiliers par Chikhi.

    Avec la révélation de l’implication du boucher dans le trafic de cocaïne, la floraison des affaires immobilières trouve immédiatement son explication. On comprend ainsi que l’immobilier est utilisé comme vecteur de blanchiment de l’argent de la drogue. Dans les quartiers huppés d’Alger, des bâtiments sont construits au mépris des règles élémentaires d’urbanisme et les logements vendus cash au prix d’or.

    Dans un pays où les notaires acceptent que leurs cabinets servent de dépôt et lieu de transfert d’immenses sommes en liquide lors des transactions immobilières, dans un pays où les parties impliquées ne demandent jamais l’origine des fonds en cash présentés, dans un pays où les notaires ne font pas appliquer la loi obligeant les transactions immobilières à être effectuées par chèque ou transfert, il est naturel que l’argent sale trouve dans l’immobilier un terrain idéal et fertile pour prospérer et s’offrir une pureté nouvelle.

    Le phénomène n’est évidemment pas né avec Kamel Chikhi, ni même avec les barons de la drogue. La hausse vertigineuse des prix du marché immobilier national, surtout dans la capitale, depuis les années 2000, avait coïncidé avec l’entrée en vigueur de la Concorde civile puis de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Celles-ci avaient permis à certains bénéficiaires de sortir de la décennie noire bien plus riches qu’en y étant rentrés. Un enrichissement bâti sur l’argent du racket, des vols, des kidnappings et autres joyeusetés lucratives amnistiées.

    L’argent de la corruption et des détournements, pratiques généralisées en Algérie ces vingt dernières années, a également trouvé un refuge confortable dans l’immobilier où la provenance des fonds n’a jamais semblé susciter l’intérêt de personne.

    Pas même celui des autorités et représentants de l’État, dont l’œil fermé ou la main complice ont grandement contribué à l’essor de la pratique de blanchir l’argent dans l’immobilier. Dans ce domaine, Kamel Chikhi ne pas fait figure d’exception ou de vilain canard. Il est la règle générale, la manifestation publique de l’impunité des barons de l’informel, de l’immobilier et des trafiquants de drogue.


    TSA
    je suis d'ailleurs étonnée qu'il soit tombé pour cette affaire...
    “Don't be afraid of being bored, be afraid of being boring !”

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    • #3
      Envoyé par mo_hdf Voir le message

      je suis d'ailleurs étonnée qu'il soit tombé pour cette affaire...
      Oui, Kamel le "boucher" et ses semblables "beggara" (arrivistes aux fortunes "miraculeuses" donc douteuses) ont toujours joui d'une impunité certaine, bien accrue depuis l'ère Bouteflika.
      Il y a cependant un fait pourtant révélé par les autorités aux médias, lesquels ne l'ont pas apprécié à sa juste valeur: le navire brésilien qui transportait le chargement de cocaïne a été arraisonné par les gardes-côtes à l'intérieur des eaux territoriales algériennes. Or, les gardes-côtes dépendent de l'armée. Cette dernière a confié l'affaire et ses suites judiciaires à la gendarmerie qui est également une institution militaire.
      Il est fort probable que si contrôle du navire brésilien avait eu lieu au port donc par les soins d'agents de la Douane, la cargaison illégale n'aurait pas été découverte ou du moins pas été portée à la connaissance des tribunaux.
      Conclusion: le coup vient de l'armée et il est très difficile de l'amortir, vu sa place prééminente dans la hiérarchie du pouvoir en Algérie. la preuve:même le directeur général de la police natonale a été emporté par le séisme provoqué par cette affaire.
      On peut s'interroger sur les raisons de la réaction apparemment déterminée de la hiérarchie militaire.La première qui me vient personnellement à l'esprit est celle d'empêcher que des oligarques algériens tombent sous la coupe des cartels internationaux de la drogue qui viseraient à intégrer l'Algérie dans leurs réseaux logistiques avec les menaces que cela représenterait pour l'Etat algérien.
      Dernière modification par baouz, 30 June 2018, 14h46.
      Iverdan macci yiwen, maca ttawin yak d asawen

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      • #4
        Il y a complicité de certains généraux dans le trafic de drogue en Algérie

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