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Nintendo perd son patron en plein virage stratégique

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  • Nintendo perd son patron en plein virage stratégique

    atoru Iwata, qui avait fait bondir, dans les années 2000, l’audience mondiale du groupe japonais de jeux vidéo est décédé samedi à l’âge de 55 ans d’un cancer des voies biliaires.

    Nintendo a annoncé, ce lundi matin, que son président Satoru Iwata, qui avait fait bondir, dans les années 2000, l’audience mondiale du groupe japonais de jeux vidéo, était décédé samedi à l’âge de 55 ans d’un cancer des voies biliaires. Malade depuis l’an dernier, il avait raté, ces derniers mois, quelques rendez-vous clés de l’industrie mais restait fermement aux commandes du groupe qu’il s’apprêtait à propulser dans l’une des ses plus importantes révolutions stratégiques en organisant enfin son entrée dans le monde des plate-formes mobiles.

    Fan de programmation depuis le lycée, il avait étudié l’informatique au Tokyo Institute of Technology avant de rejoindre HAL Laboratory, un petit développeur de jeux, et d’ensuite intégrer Nintendo en l’an 2000, où il a été rapidement repéré par Hiroshi Yamauchi, le patron historique du groupe de Kyoto. A la tête de la société familiale depuis 1949, ce patriarche, qui avait transformé, dans les années 1980, la structure initialement spécialiste des cartes à jouer en l’un des principaux acteurs du jeu vidéo, avait vu dans Satoru Iwata une capacité rare à comprendre non seulement l’importance des franchises de jeux mais également le besoin de ré-inventer les consoles. En 2002, la nomination de son protégé à la tête du groupe, à l’âge de seulement 42 ans, avait troublé un monde des affaires nippon, où les promotions ne se font traditionnellement qu’après des dizaines d’années d’une ascension consensuelle et grise.
    «Tout le monde peut comprendre la Wii»

    Faisant le pont dans la société entre les ingénieurs et les développeurs de jeux, Satoru Iwata avait participé au lancement de la Game Cube puis supervisé le développement de la gamme des consoles portables DS, tout en poussant de nouveaux titres des franchises à succès Super Mario, Zelda ou Pokemon. Surtout, il avait bouleversé la concurrence en se proposant, dès 2006, avec la Wii, de faire jouer de nouvelles populations, jusqu’ici totalement hermétiques à ces divertissements. «Il y a actuellement les gens qui jouent et ce qui ne jouent pas. Et bien, nous allons détruire ce mur qui existe entre eux», avait expliqué le président de Nintendo en mai 2006, quelques mois avant le lancement de sa nouvelle console. «Peu importe l’âge, le genre ou la connaissance passée des jeux, tout le monde peut comprendre la Wii», avait encore martelé le dirigeant, devant des concurrents un peu dubitatifs.

    Dans les années qui suivirent, sa prédiction s’avéra juste et, pendant de nombreux trimestres, la Wii, équipée de manettes sans-fil intégrant un gyroscope et un accéléromètre capables de détecter les mouvements des joueur, a débordé en volumes de ventes les consoles Playstation de Sony ou Xbox Microsoft, qui ont fini par reprendre des technologies du pionnier japonais. Au total, le groupe a déjà vendu 101 millions d’exemplaires de ses différentes versions de Wii dans le monde.
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    L’appel des smartphones

    Depuis la fin des années 2000, l’adaptation de l’offre de la concurrence et surtout le déplacement du marché du jeu vers les plateformes mobiles, Nintendo vivait une séquence plus compliquée et a enchaîné les années sans profit, en refusant de remettre en cause son modèle économique basé sur des jeux stars très chers utilisables uniquement sur les consoles dédiées du groupe, vendues elles à perte. Mais, après des mois d’un intense débat interne, Satoru Iwata avait annoncé en mars 2015 qu’il allait finalement répondre à l’appel des smartphones. «Ce serait un gâchis de ne pas profiter de ces appareils. [...] Aucune entreprise dans aucune industrie ne peut survivre si elle échoue à s’adapter aux changements du marché», avait alors concédé le patron, à l’occasion de la signature d’un partenariat avec le développeur nippon de jeux en ligne DeNA. Ensemble, les deux groupes vont lancer, dans les prochains mois, une nouvelle plate-forme de jeux accessible à l’échelle mondiale depuis les smartphones ou d’autres appareils connectés, sur laquelle seront proposées des applications développées exclusivement pour ce format, mais avec les personnages les plus emblématiques de Nintendo. Refusant d’«abandonner» les «joueurs purs» qu’il a servis pendant des dizaines d’années, Nintendo a aussi récemment annoncé qu’il finalisait, par ailleurs, le développement d’une nouvelle console.

    Malgré le décès brutal de Satoru Iwata et l’apparente absence d’un successeur évident au sein du groupe, les investisseurs ne se montraient par trop inquiets, ce lundi, sur la place de Tokyo, probablement convaincus que les récents virages stratégiques définis par l’ancien dirigeant seraient bien implémentés par la prochaine direction où se dégagent tout de même plusieurs fortes personnalités. En début d’après-midi, l’action de Nintendo était même légèrement orientée à la hausse.

    les echos
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