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L’Algérie, une puissance financière régionale

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  • L’Algérie, une puissance financière régionale

    Guy Longueville, chef économiste-risques pays à BNP Paribas
    « L’Algérie, une puissance financière régionale »

    Dans une longue analyse des perspectives de l’économie algérienne, présentée hier à l’occasion de la tenue de sa première Académie des PME, Guy Longueville, chef économiste-risques pays au sein de BNP Paribas, a estimé que « l’Algérie est devenue aujourd’hui une puissance financière régionale ».

    Par « régionale », l’analyste de la banque française entend dire les pays de la rive sud de la Méditerranée. Après une phase de « dépendance » durant les années 1990 puis une accession à l’« indépendance » (financière) avec le redressement des cours pétroliers, l’Algérie est devenue une « puissance financière » depuis 2006, a jugé l’intervenant. L’augmentation des réserves de change, la contraction de la dette extérieure, les recettes budgétaires dont dispose le pays ainsi que le retour de la stabilité politique sont les principaux éléments retenus par M. Longueville dans sa matrice d’appréciation. Il félicitera au passage les autorités du pays, monétaires comprises, pour « la sagesse » caractérisant la gestion de la manne pétrolière à travers une politique qui a permis d’éviter à l’économie les risques inflationnistes dans un contexte marqué par une abondance de ressources financières. Il en est de même pour le Programme de consolidation de la croissance économique (PCSC) qui, de l’avis de M. Longueville, « prépare le développement futur de l’Algérie ». 6% de croissance hors hydrocarbures nécessaires A l’opposé des institutions financières appelant à plus de rigueur dans la dépense publique, la BNP Paribas, première banque d’Europe et du bassin méditerranéen, considère que le plan d’investissement gouvernemental montrera « ses premiers effets positifs à partir de 2007 et 2008, notamment sur le plan macroéconomique ». A travers les décisions du gouvernement, le spécialiste en risques pays de la BNP Paribas y voit « une réelle volonté politique » d’améliorer le climat des affaires et faire jouer au secteur privé le rôle de moteur de la croissance. En évoquant la croissance économique, le conférencier a souligné l’amorce d’un « rééquilibrage dans la structure du produit intérieur brut (PIB) ». Cependant, observe-t-il, « cela reste insuffisant ». Si les parts du BTPH et des services croissent dans le PIB, celles des industries manufacturières reculent. L’enjeu identifié n’est autre que d’atteindre une croissance annuelle en hors hydrocarbures de 6%, soutient encore M. Longueville qui reprend à son compte les prévisions de croissance établies par le Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci, rappelle l’intervenant, a situé la croissance entre 4 et 5% en l’absence de réformes (scénario pessimiste) et entre 6,5 et 7,5% en produisant rapidement des réformes. Privatisation du CPA :
    « Le retard n’est pas préjudiciable »

    Par ailleurs, quatre défis ont été énoncés, à savoir l’accroissement de la productivité, la forte pression démographique, le rattrapage nécessaire pour une meilleure intermédiation bancaire et enfin le développement du secteur privé. En conclusion, l’expert de la BNP Paribas a apprécié le travail accompli en soutenant que « l’Algérie a mis en place les conditions économiques et financières d’une croissance durable, moins sensible aux aléas du marché pétrolier ». Une « élogieuse » appréciation précédée par celle du président du conseil d’administration, Michel Pébereau, qui avait souligné en ouverture de l’Académie des PME tout l’intérêt que porte le groupe BNP Paribas au marché algérien. « L’Algérie est au cœur du développement en Méditerranée et celle-ci est le cœur de développement de la BNP Paribas », a-t-il prononcé lors de son allocution. A comprendre que cette banque universelle fait de son développement en Algérie un axe stratégique. Ce n’est pas fortuit si la banque lance en Algérie son Académie des PME au moment où elle convoite l’acquisition partielle d’une banque publique, en l’occurrence le Crédit populaire d’Algérie (CPA), spécialisée dans le financement dudit segment. Interrogé sur ce qui manquait au CPA pour se hisser aux normes internationales, M. Pébereau aura cette réponse : « Ce qui lui manque est la BNP Paribas. » C’est l’un des rares commentaires que s’est accordé Pébereau au sujet de la privatisation du CPA. Sur le retard constaté dans l’achèvement de l’opération, le président de BNP Paribas a affirmé que « cela n’a pas eu de préjudice sur notre stratégie en Algérie ». Il enchaînera en disant que « l’ouverture qui reste une opération complexe se poursuit de façon normale, transparente et professionnelle ». Tout en reconnaissant que son rythme de développement dépendra de l’issue de cette offre, Michel Pébereau rassurera que la stratégie du groupe français « sera activement poursuivie en interne » par l’ouverture de nouvelles agences et l’élargissement de la gamme de produits. Le groupe BNP Paribas est présent en Algérie à travers trois filiales. BNP Paribas El Djazaïr pour les métiers de la banque universelle et l’activité leasing, Cetelem Algérie (2006) pour les crédits à la consommation et l’immobilier et plus récemment Cardif El Djazaïr (2007) dans l’assurance. Le ministre de la PME et de l’Artisanat a réaffirmé, pour sa part, que la problématique du financement de la création des PME et de leurs activités est une des questions cruciales auxquelles est confronté ce secteur.

    El Watan
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