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    Qui pénètre, une fois, dans l’univers de Déborah Chock comprend d’instinct qu’il vient de pousser une porte qu’il ne pourra plus jamais refermer. Ces 34 peintures carrées conçues entre 1996 et 2002, sont chacune, dans leur éclat original, des facettes retaillées de notre condition humaine. Car Déborah Chock fait partie de ces femmes qui ré-enfantent le monde. Avec elle « la structure du temps devient molle », « la lune sourit à Dieu », « l’humanité danse avec le verbe », « les esseulées de l’aube chantent la force du matin », « s’envolent les maux », « le petit homme bleu court dans le rêve de ses pères », « le jour est bleu »…. Même le deuil est bleu ! Une bleuitude omniprésente sur cette planète accueillante, tendre, compatissante. Pour le reste, la palette de Déborah Chock se concentre sur quelques couleurs : des paillettes de noirs, des larmes de blanc, des profusions de gris et de sienne, des orangés et des jaunes citron, des gouttes de rouge (infiniment moins que dans ses œuvres ultérieures), des ombres violettes. Sur ces a-plats où la peinture annexe le moindre centimètre d’espace se dressent des silhouettes à la Giacometti, filiformes, flottantes et presque toujours immensément étirées ; les géants de la vie que nous sommes. Des humains parfois représentés dans leur désert de solitude mais la plupart du temps en grappes, en cohorte, en alignement. Des couples, des enfants et une majorité de femmes : femme-ballerine, femme-enceinte, femme-mère, femme-soleil, femme-magicienne, femmes en marche… Tous ses personnages habitent des espaces d’une géométrie épurée : ronds, carrés, perpendiculaires, rectangles, zébrures, spirales… qui se répondent en écho au fil des œuvres. On y devine les formes stylisées de porches, d’entrées de corridors, de passages, de fenêtres, de miroirs ; autant de lieux symboliques de l’ouverture, de la profondeur, de l’itinérance, du mouvement. Mais tout ceci ne serait rien s’il n’y avait pour habiller cette création picturale, la transcender, l’humaniser, et surtout l’offrir à autrui, un subtil travail de vocabulaire. Une poignée de beaux mots : vie, rêve, croire, aube, ciel, danse, écriture, poète … et des leçons de courage, d’optimisme ou de consolation. Tantôt ces messages, lancés au travers de la toile transformée en scène de théâtre, explosent en grenades poétiques : Vive la vie !, Femme et fée-mère, De l’infini à deux, Nous les fous, Il y a de l’âmor en nous…, tantôt ils serpentent en lignes minuscules, comme rédigées en filigrane d’une lettre. Il arrive aussi que les deux se complètent : en haut du tableau fuse un slogan : Nous allons changer le monde et, tout en bas, l’artiste livre sa prophétie : Nous boirons des paroles et sèmerons l’ivresse. S’aimeront les poètes. Sèmeront les enfants. Parfois encore, il n’est rien d’autre que la peinture, nue. Et puis il y a cette toile insolite Le Secret dont l’épicentre, le cœur battant, est une page d’écriture surréaliste masquant en transparence un visage comme pour mieux le dévoiler. Carrousel endiablé de mots. Mélange savant et parfaitement dosé de poésie, de spiritualité, de psychanalyse. Testament artistique ? Ce qui rend les tableaux de Déborah Chock tellement mémorables, c’est justement cette fusion du vocabulaire et de cette autre langue qu’est la peinture. Avec elle, la forme et le fond se fondent de manière tout à la fois primitive et sophistiquée, archaïque et subtile. D’où une « griffe » Déborah Chock, une carnation Déborah Chock, une vision Déborah Chock qui donne cohérence à son œuvre et la rend non seulement singulière mais inimitable. La série de ces 34 peintures circonscrite dans les années autour du changement de millénaire, se clôt avec une toile intitulée « Ecriture bleue ». Bleu de la naissance des mots. Bleu du grand large. Bleu de nuit mais aussi bleu d’aube. Bleuités profondes dans les abysses de

  • #2
    Envoyé par Andalib Voir le message



    Qui pénètre, une fois, dans l’univers de Déborah Chock comprend d’instinct qu’il vient de pousser une porte qu’il ne pourra plus jamais refermer. Ces 34 peintures carrées conçues entre 1996 et 2002, sont chacune, dans leur éclat original, des facettes retaillées de notre condition humaine. Car Déborah Chock fait partie de ces femmes qui ré-enfantent le monde. Avec elle « la structure du temps devient molle », « la lune sourit à Dieu », « l’humanité danse avec le verbe », « les esseulées de l’aube chantent la force du matin », « s’envolent les maux », « le petit homme bleu court dans le rêve de ses pères », « le jour est bleu »…. Même le deuil est bleu ! Une bleuitude omniprésente sur cette planète accueillante, tendre, compatissante. Pour le reste, la palette de Déborah Chock se concentre sur quelques couleurs : des paillettes de noirs, des larmes de blanc, des profusions de gris et de sienne, des orangés et des jaunes citron, des gouttes de rouge (infiniment moins que dans ses œuvres ultérieures), des ombres violettes. Sur ces a-plats où la peinture annexe le moindre centimètre d’espace se dressent des silhouettes à la Giacometti, filiformes, flottantes et presque toujours immensément étirées ; les géants de la vie que nous sommes. Des humains parfois représentés dans leur désert de solitude mais la plupart du temps en grappes, en cohorte, en alignement. Des couples, des enfants et une majorité de femmes : femme-ballerine, femme-enceinte, femme-mère, femme-soleil, femme-magicienne, femmes en marche… Tous ses personnages habitent des espaces d’une géométrie épurée : ronds, carrés, perpendiculaires, rectangles, zébrures, spirales… qui se répondent en écho au fil des œuvres. On y devine les formes stylisées de porches, d’entrées de corridors, de passages, de fenêtres, de miroirs ; autant de lieux symboliques de l’ouverture, de la profondeur, de l’itinérance, du mouvement. Mais tout ceci ne serait rien s’il n’y avait pour habiller cette création picturale, la transcender, l’humaniser, et surtout l’offrir à autrui, un subtil travail de vocabulaire. Une poignée de beaux mots : vie, rêve, croire, aube, ciel, danse, écriture, poète … et des leçons de courage, d’optimisme ou de consolation. Tantôt ces messages, lancés au travers de la toile transformée en scène de théâtre, explosent en grenades poétiques : Vive la vie !, Femme et fée-mère, De l’infini à deux, Nous les fous, Il y a de l’âmor en nous…, tantôt ils serpentent en lignes minuscules, comme rédigées en filigrane d’une lettre. Il arrive aussi que les deux se complètent : en haut du tableau fuse un slogan : Nous allons changer le monde et, tout en bas, l’artiste livre sa prophétie : Nous boirons des paroles et sèmerons l’ivresse. S’aimeront les poètes. Sèmeront les enfants. Parfois encore, il n’est rien d’autre que la peinture, nue. Et puis il y a cette toile insolite Le Secret dont l’épicentre, le cœur battant, est une page d’écriture surréaliste masquant en transparence un visage comme pour mieux le dévoiler. Carrousel endiablé de mots. Mélange savant et parfaitement dosé de poésie, de spiritualité, de psychanalyse. Testament artistique ? Ce qui rend les tableaux de Déborah Chock tellement mémorables, c’est justement cette fusion du vocabulaire et de cette autre langue qu’est la peinture. Avec elle, la forme et le fond se fondent de manière tout à la fois primitive et sophistiquée, archaïque et subtile. D’où une « griffe » Déborah Chock, une carnation Déborah Chock, une vision Déborah Chock qui donne cohérence à son œuvre et la rend non seulement singulière mais inimitable. La série de ces 34 peintures circonscrite dans les années autour du changement de millénaire, se clôt avec une toile intitulée « Ecriture bleue ». Bleu de la naissance des mots. Bleu du grand large. Bleu de nuit mais aussi bleu d’aube. Bleuités profondes dans les abysses de
    Merci pour ces informations
    Bonne soirée
    Amitiés

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    • #3
      Trois mots qui résument une vision du monde...

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